La question du genre traverse la littérature depuis ses débuts. Pendant longtemps, les femmes ont été invisibilisées, contraintes de rester sous omerta, d’écrire sous pseudonyme ou de laisser d’autres raconter leur histoire à leur place. Mieux, certains hommes ont même écrit ‘’pour elles ’’ imaginant leur expériences à leur place en occultant les voix réelles de ces femmes. Aujourd’hui encore la question du genre reste très constante dans les sociétés . Dans tous les domaines, les femmes luttent encore pour que leur voix soient entendues et reconnues malgré la promesse de l’égalité des chances et des droits pour tous.
Chaque année, le 8 Mars à travers le monde les femmes unissent leur voix pour célébrer la mémoire de celles qui ont ouvert la voie aux droits des femmes et réfléchir aux défis de nos sociétés qui restent étonnamment encore ancrées dans des valeurs patriarcales même si beaucoup de pays avancent sur la question.
En ce 8 Mars 2026, c’est l’occasion de célébrer celles qui prennent enfin la parole et osent écrire. Ecrire pour elles-mêmes et pour la postérité. Écrire pour déranger mais aussi pour sensibiliser, bâtir, inspirer, déconstruire et construire. Elles embrassent divers univers, abordent différentes thématiques qui enrichissent notre regard sur le monde.
Au Bénin, plusieurs femmes s’imposent comme des voix puissantes et incontournables, donnant vie à des histoires riches, engagées et profondément humaines.
Voici huit (08) autrices béninoises à découvrir et à célébrer en ce 8 mars.
- Cécile AVOUGNLANKO
Ecrivaine béninoise, Cécile AVOUGNLANKOU est l’autrice d’une pièce de théâtre, Mes poupées noires, noires publié en septembre 2022 chez Béninlivres. Professeure certifiée de français, passionnée de livres et de littérature, elle est aussi promotrice de la plateforme Fémicriture, qui promeut la plume des écrivaines. Pour elle, être féministe c’est avoir du cœur pour concevoir la femme comme un être humain respectable et digne. C’est être assez sensible pour être choqué.e par l’exploitation et l’oppression sexistes des femmes.»
- Carmen Fifamé TOUDONOU
Carmen Fifamé TOUDONOU porte plusieurs casquettes. Docteure en Communication Sociale, elle est l’une des figures les plus incontournables de la littérature contemporaine béninoise. Autrice de plusieurs ouvrages dont Paria, son dernier roman en date, Carmen utilise sa plume pour interroger et transformer les mentalités. Elle explore plusieurs genres littéraires : poésie, roman, pièce de théâtre, nouvelle. Son écriture aborde les questions d’identité, de la condition de la femme, des réalités sociales africaines, de la justice sociale, des défis de la modernité, de la dignité…
- Nathalie Hounvo-Yêkpè
Nathalie Hounvo-Yêkpè est une comédienne, metteuse en scène et autrice béninoise. Présente sur la scène théâtrale depuis plus de 20 ans, elle aborde dans ses pièces la condition de la femme, les pressions que subissent les femmes dans leur rapport avec les hommes, le rôle et la condition de la femme du point de vue politique. Elle co-écrit en 2016, Trop de diables sous leurs jupes (aux éditions Plurielles), avec Michel Beretti. L’autrice Nathalie Hounvo-Yêkpè voit le théâtre comme une nouvelle manière d’exprimer sa voix, elle ne se contente pas de jouer sur scène mais aussi en écrivant. En témoigne son catalogue.
- Myrtille Akofa HAHO
Myrtille Akofa HAHO est une écrivaine béninoise qui a à son actif plusieurs nouvelles écrites dans des anthologies, deux recueils de poèmes et un roman. L’auteure de Kidal (2022) et Pique-Assiette (2024) chez Savanes du Continent, la plume de Myrtille s’inspire des faits d’actualité et du quotidien. Elle explore aussi la réalité des régimes totalitaires en Afrique, la question de la conscience humaine, de Dieu…
- Micheline ADJOVI
Micheline ADJOVI est une écrivaine béninoise, engagée dans la promotion des valeurs culturelles béninoises et de la sauvegarde du patrimoine immatériel. Son univers côtoie à la fois la littérature, le culturel et la philosophie. Elle aborde des thématiques comme : identité, mémoire, spiritualité, héritage, histoire, transmission, symbolisme ancestral. Ses écrits invitent à penser, à ressentir et à comprendre l’humain et le monde qui l’entoure. Elle publie Boulevard de la marina en 2025 chez Béninlivres, sa dernière publication en date.
- Son Altesse Nanhyé Kpodjito Animasoh II KO’NDODO TÔDEGLA
Son Altesse Nanhyé Kpodjito Animasoh II KO’NDODO TÔDEGLA est une figure du monde traditionnel béninois. Son premier ouvrage « Femmes africaines et mondialisation : le guide essentiel » explore le sacré féminin, l’identité culturelle et la puissance matricienne des femmes africaines. Dans son essai, elle souligne l’importance du rôle de la femme dans la transformation sociale et la préservation du patrimoine culturel. A travers son essai, elle invite à un retour aux héritages africains et à réveiller les consciences face aux dynamiques contemporaines.
- Kpenassou Marie-Thérèse Bénédicta ALOAKINNOU
Kpenassou Marie-Thérèse Bénédicta ALOAKINNOU est juriste et engagé dans le militantisme féministe. Avec son premier ouvrage A une petite Amazone qui explore courage, dignité et la force intérieure des filles et des femmes, elle construit un univers de transmission, de réparation et de dialogue intérieur. Elle invite à déconstruire les conditionnements sociaux et à élever les standards personnels. Elle offre à chaque lectrice la possibilité de se choisir et de se réaliser pleinement.
- H. Salomé KOHOUGBLA
H. Salomé KOHOUGBLA est une femme de lettres et ecrivaine béninoise. Dans sa pièce le Sourire de Kungana, elle met en scène une société marquée par la mauvaise gouvernance. Elle interroge le pouvoir et la justice sociale . À la croisée de l’histoire et du leadership féminin, elle puise dans la mémoire des agoojiés pour nourrir une version contemporaine de la résistance et place la femme au centre de la libération politique.
A travers leurs œuvres, ces autrices béninoises rappellent que la littérature est un espace de liberté, de résistance, de réappropriation de la parole et de l’imaginaire. Les femmes écrivent désormais leur propre récit tout en explorant des univers variés. En ce 8 Mars, célébrer ces plumes féminines, c’est reconnaître leur contribution essentielle à la richesse de la littérature béninoise et encourager de nouvelles générations de femmes à écrire, penser, raconter leur monde a écrit leur propre voix.





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