Le secteur du livre au Togo, encore peu structuré mais en mutation progressive, demeure marqué par une forte concentration géographique, une prédominance du format papier et des contraintes économiques persistantes. Voici dix données essentielles pour mieux en cerner les contours, issues principalement des données de l’UNESCO, de sources institutionnelles nationales et de travaux de recherche sectoriels récents.
1. 20 maisons d’édition recensées
Le Togo compte environ 20 maisons d’édition actives. Le tissu éditorial est composé majoritairement de petites structures, employant en moyenne 2 à 10 personnes. Cette configuration traduit un secteur faiblement industrialisé, reposant davantage sur des initiatives individuelles ou familiales que sur de grandes entreprises éditoriales structurées.
2. 80 titres édités par an (tirages de 1 000 à 2 000 exemplaires)
La production annuelle est estimée à 80 titres pour le compte de l’année 2023, avec des tirages compris entre 1 000 et 2 000 exemplaires par ouvrage. Le format papier domine très largement la production éditoriale et les pratiques de lecture, confirmant la place centrale du livre imprimé dans l’écosystème togolais.
3. 3 librairies formelles identifiées (et 42 points de vente en 2025)
Selon les données UNESCO (2023), le pays comptait 3 librairies formelles. Toutefois, des données plus récentes (octobre 2025) recensent environ 42 librairies, avec une forte concentration dans la région Maritime, notamment à Lomé. Quelques implantations existent dans les régions Centrale, Kara et Plateaux, révélant une forte inégalité territoriale d’accès au livre.
4. 67 bibliothèques publiques
Le Togo dispose de 67 bibliothèques publiques, soit 1 bibliothèque pour 138 800 habitants. À celles-ci s’ajoutent 32 bibliothèques dites « associées » (initiatives privées, associatives ou confessionnelles).
Depuis 2021, le Centre national de Lecture et d’Animation culturelle (CENALAC) coordonne l’ensemble de ces structures, avec pour objectif la mutualisation des ressources, le renforcement de la lecture publique et l’implication accrue des collectivités territoriales.
5. Environ 500 emplois dans la chaîne du livre
Le secteur du livre représenterait environ 500 emplois en 2023 selon les données de l’UNESCO, couvrant l’édition, la diffusion, la librairie, les bibliothèques et les activités connexes. Les droits d’auteur, généralement plafonnés à 10 % du prix public, restent faibles et traduisent une précarité structurelle des créateurs.
6. Plusieurs festivals et salons littéraires actifs
Le paysage littéraire togolais est animé par plusieurs initiatives structurantes, dont le Salon des Belles Lettres (créé en 1996, légalisé en 2004). Ces événements jouent un rôle clé dans la visibilité des auteurs, la promotion de la lecture et la mise en réseau des acteurs du livre, malgré des moyens financiers souvent limités.
7. Soutien public au livre encore limité
Le cadre juridique du livre est relativement structuré :
- Loi n°91-12 (1991) sur le droit d’auteur et les droits voisins
- Loi n°2016-012 reconnaissant le statut professionnel des artistes
- Loi n°2018-028 sur le dépôt légal, révisée en 2020, incluant les œuvres numériques
Sur le plan fiscal, le livre est soumis à une TVA de 18 %, y compris les manuels scolaires, à l’exception du livre numérique, ce qui constitue un frein à l’accessibilité du livre imprimé.
8. Importations de livres : 5,9 millions USD contre 16 350 USD d’exportations
Le marché togolais du livre est largement déficitaire :
- Importations (2023) : environ 5 922 480 USD soit plus de 3 273 790 000 (3 milliards deux cent soixante-treize millions sept cent quatre-vingt-dix mille) FCFA
- Exportations : environ 16 350 USD soit plus de 9 037 000 (9 millions trente-sept mille) FCFA
Les principaux pays fournisseurs sont la France, le Bénin, le Sénégal, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. Le Togo occupe le 7ème rang des importateurs de livres français en Afrique, tandis que ses exportations se dirigent surtout vers le Ghana, le Bénin, la Tunisie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
9. Plusieurs associations professionnelles du livre
Le secteur est animé par plusieurs organisations de plaidoyer et de structuration professionnelle, dont :
- Association des Amis de la Littérature (ADELIT) – créée en 1994
- Salon des Belles Lettres
- D’autres regroupements professionnels œuvrant pour la reconnaissance du livre et l’amélioration des conditions de travail des acteurs
Ces associations jouent un rôle clé dans le dialogue avec l’État et les partenaires techniques.
10. 9,3 millions d’habitants, taux d’alphabétisation de 67 %
Le Togo comptait 9,3 millions d’habitants en 2023, avec :
- Taux d’alphabétisation : 67 %
- PIB par habitant : 986 USD
- Population urbaine : 44 %
- Abonnements mobiles : 74 %
- Usagers d’Internet : 38 %
Ces indicateurs montrent un potentiel de croissance du lectorat, notamment via le numérique, même si le livre papier reste aujourd’hui dominant.
Le marché du livre au Togo demeure modeste en volume, marqué par une forte dépendance aux importations, une concentration géographique des infrastructures et une fragilité économique des acteurs. Toutefois, l’existence d’un cadre légal structuré, d’initiatives de lecture publique et d’un tissu associatif actif constitue une base solide pour une montée en puissance progressive du secteur, à condition d’un soutien public renforcé et d’investissements ciblés.
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