Pot-Bouille : Émile Zola
Pot-Bouille : Émile Zola

Pot-Bouille : Émile Zola

À une époque de l’histoire de la France où émergeait la moyenne et petite bourgeoisie, le mode de vie s’était teinté d’une couleur sombre qui faisait monter en crescendo le caractère invivable de la vie en milieu parisien.

Zola nous montre les tendances de cette époque à travers son célèbre roman Pot-Bouille publié pour la première fois en 1882 dans la revue Le Gaulois, et réédité en 1982 aux Éditions Gallimard. Pot-Bouille est le dixième roman de la série des Rougon-Macquart d’Émile Zola. Sur 476 pages, Zola nous peint sur un tableau le mode de vie des habitants d’un immeuble de trois étages à Paris. 

Pot-Bouille : Émile Zola

Présentation de la couverture et impressions.

Le roman Pot-Bouille se présente sur une couverture agréable qui force l’admiration. La première de couverture nous dévoile le nom de l’auteur suivi du titre de l’œuvre ainsi que du nom de celui qui fit la préface. On voit juste après, l’image d’un petit corps qui porte la tête de Zola tenant une plume dont l’encre suinte dans sa main gauche puis soulevant le couvercle d’un pot de sa main droite. Des insectes s’envolent du pot puis se retrouvent également par terre. Le nom de la maison d’édition vient fermer cette première de couverture. 

 La quatrième de couverture nous présente le nom de l’auteur suivi du titre de l’œuvre puis d’un bref aperçu de ce dont il s’est agit dans l’œuvre. On peut également apercevoir complètement en bas de page le numéro ISBN précédé des informations sur l’image ainsi que la maison d’édition. 

À partir de cette première de couverture, on pourrait s’attendre dans l’œuvre à un mystère, un voile que soulève l’auteur avec sa plume. 

Résumé du roman Pot-Bouille d’Emile Zola 

Zola nous conte dans ce roman l’histoire d’un grand immeuble bourgeois à Paris abritant le propriétaire, les locataires ainsi que les différents employés. Les habitants de cet immeuble vivaient tous dans une bonhomie et une convivialité. Y vivaient dans l’immeuble, les Duveyrier, les Hédouin, les Vabre, les Josserand… 

Plus tard Octave Mouret, un jeune commerçant désirant faire plus de chiffres d’affaires puis se marier à une parisienne emménagea dans l’immeuble. Ce dernier fut très apprécié des habitants de l’immeuble à cause de son statut de jeune bourgeois mais surtout à cause de son ouverture d’esprit.

Mme Josserand, une jeune femme désirant s’offrir plus de luxe en mariant ses deux filles n’hésitait pas à pousser ces dernières dans les bras du premier venu. M. Mouret réussit à ouvrir une boutique Le Bonheur des dames qui lui rapportait énormément. Il se prenait le luxe de flotter avec toutes les femmes de l’immeuble. Allant de la Musique, aux beaux arts et passant par des débats politiques et quelques fois des disputes et affronts, la vie dans l’immeuble était d’une instabilité doucereuse.

M. Mouret finit par faire partir de cette grande famille en se mariant à Mme Hédouin après la mort de l’époux de cette dernière.

Analyse de l’ouvrage et avis critique 

Le vivre ensemble n’est jamais chose aisée nous apprend Zola dans ce roman. Si les hommes sont souvent guidés par leurs intérêts, ils deviennent encore plus fous quand il s’agit de leur dignité. Dans le milieu bourgeois comme dans la vie en générale, la dignité constitue l’une des valeurs les plus chères que chaque être cherche à préserver.

L’homme est de nature auto-suffisante. C’est-à-dire qu’il est naturellement habité par une tendance à l’égo. Mieux, il cherche quotidiennement à se démarquer de son semblable. Dans l’œuvre, cette notion de dignité est chère à Mme Josserand qui ne cesse d’y exhorter ses filles. 

Elle affirme à tout bout de champ dans l’œuvre : « J’aime mieux faire envie que pitié… L’argent est l’argent, et lorsque j’ai eu vingt sous, j’ai toujours dit que j’en avais quarante.» p.226. Si l’homme est naturellement auto-suffisant, il faut rappeler que l’argent constitue l’élément premier qui lui procure ce sentiment. 

L’homme est avide de la réussite, du succès de la notoriété et bien d’autres. Et mieux dans un milieu bourgeois et même dans tout milieu, l’argent demeure un pilier fondamental.  Cela peut se comprendre à travers cette affirmation de Mme Josserand à la page 58 de l’ouvrage : « L’argent est l’argent : quand on en a pas, le plus court est de se coucher.» 

Les différentes constructions d’idées relative à la femme ainsi qu’à son statut dans la société ne datent pas d’aujourd’hui. Mieux, les femmes ont toujours été considérées en dessous de ce qu’elles représentent vraiment. Aussi peut-on ajouter que la bourgeoisie à contribuer à plus profondément creuser le fossé existant entre les hommes et les femmes : « car les femmes ne savent pas manger : elles font du tort aux truffes, elles gâtent la digestion. » p.224.  

Zola à travers les différents personnages de son roman nous fait une représentation des différents fléaux sociaux. Il faut préciser qu’à travers ce roman, il cherche à montrer l’homme sur le champ de bataille que constitue le vivre ensemble. 

Parlant justement de la vie sociale, le mariage dans la société bourgeoise est une chose d’une importance capitale. Pour s’assurer de toujours continuer à profiter des privilèges qu’offre cette vie, il est important que les familles nobles et modestes parviennent à se hisser au sommet des grâces bourgeoise. Et cela, Zola nous le décrit presque dans toute son œuvre. 

Le mariage nécessite une véritable préparation si l’on veut se préserver de certains malheurs, mais il ne faudrait pas surtout se tromper nous apprend l’auteur car  : « Le mariage ne réussissait pas à toutes les femmes. » Dr. Juillerat p. 77 

L’amour, nous dit l’auteur, a une noble mission qu’elle devrait toujours accomplir. Lorsqu’il naît dans le cœur de deux êtres, il appelle ces êtres à se considérer encore plus. C’est-à-dire il invite l’homme à reconsidérer la femme et idem pour la femme. Cependant une place prépondérante est accordée ici aux valeurs dont ces deux êtres sont porteurs mais plus aux valeurs de la femme. 

Zola nous explique cela à travers les propos de M. Duveyrier qui affirme : « qu’on ne l’eût tirée de sa vie de désordre, pour lui refaire une honnêteté. L’amour ne saurait avoir de plus noble mission… » p. 227 

La société constitue un élément unificateur. Elle rassemble les hommes et fait de purs inconnus d’autrefois, une famille entretenue par des liens invisibles. Les habitants de l’immeuble parisien forment une grande famille. L’auteur nous montre à travers ce symbole que représente ici l’immeuble, le corps social qui pour sa pérennité et sa croissance doit faire appel à tous ses constituants. 

C’est surtout lorsque la faucheuse rend visite à l’un de nos proches que nous nous rendons compte de notre faiblesse mais surtout de notre solitude. Et c’est dans cet environnement de deuil que l’auteur nous montre la réunification des familles qui étaient divisées. 

C’est ce qu’il montre à travers les propos de Mme Campardon à la page 252 de l’œuvre : « On meurt un peu tous les jours, il faut s’y habituer.» 

Le roman Pot-Bouille d’Émile Zola est constitué de dix-huit chapitres auxquels précède une préface et succèdent un dossier comportant la vie de Zola, une notice, une bibliographie et des notes. Le roman est écrit dans un style soigné et accessible. Les procédés stylistiques dont à fait usage l’auteur rendent la lecture plus fluide et compréhensible. Notons également que les descriptions de l’auteur sont réalistes et impressionnantes et donnent une lecture plus imagée. 

Ce roman de Zola a le grand mérite d’avoir montré les réalités de la moyenne et petite bourgeoisie en France. Mieux, il y décrit les différents maux qui font saigner la société de son temps, montrant par là le rôle véritable de l’écrivain. 

Au-delà du genre romanesque de cette œuvre, précisons qu’il s’agit d’une satire qui dénoncent les maux d’une société précise. Et comme nous le dit André Fermigier dans la préface : « Il n’y avait pas meilleur moyen d’« accuser », de dire : non, à une morale et à une société. » 

Etude de quelques personnages du roman Pot-Bouille de Zola 

M. Théophile Vabre : Il est le fils du propriétaire de l’immeuble et habite au premier avec son épouse. 

M. Duveyrier : Il est un conseiller à la cour d’appel et le gendre de M. Vabre. 

M. Josserand : Il est caissier à la cristallerie Saint-Joseph. Père de Berthe et Hortense.

Adèle : Elle est la cuisinière des Josserand, appréciée et bien choyée. 

Oncle Bachelard : Il est le frère de Mme Josserand et possède une richesse estimable. Il fut forcé par Mme Josserand à payer la dot de Berthe. 

Trublot : Issu d’une grande famille, il est employé chez un agent de change. Il est l’ami d’Octave, un jeune homme du même âge  que lui. 

Gueulin : C’est un jeune homme employé dans une compagnie d’assurances. Il est souvent avec l’oncle Bachelard dans les bars et cafés de la ville.

Saturnin : Fils de M. et Mme Josserand, il est le benjamin de la famille. Souvent sujet à des crises de folies, il fut envoyé à plusieurs reprises dans des centres psychiatriques. 

M. Auguste Vabre : Fils aîné du propriétaire, il détient un grand magasin de soie, il fut forcé par Mme Josserand d’épouser Berthe, fille de cette dernière. 

L’abbé Mauduit :  Il est le prêtre de la paroisse Notre-Dame des Sept-Douleurs et ami des familles de l’immeuble des Vabre. Il est un mordu des débats qu’il engage souvent avec le Dr. Juillerat. 

Dr. Juillerat : C’est le docteur qui s’occupe de toutes les familles de l’immeuble. Il est un illuminé qui préfère qu’on écarte Dieu des préoccupations humaines. 

Octave Mouret :  Second amant de Berthe, il est un ami des parents de Mme Campardon. Venu à Paris dans le but d’augmenter ses chiffres d’affaires et d’épouser une parisienne, il est chaleureusement accueilli par les familles. Abusant de la confiance qu’on lui accordait, il flirtait avec toutes les femmes de l’immeuble. 

M. Gourd : C’est un ancien valet de chambre du duc de Vaugelade. 

Berthe :  Fille des Josserand, elle est une jeune femme d’une vingtaine d’année. Elle est souvent poussée par sa mère dans les bras des grands  hommes, mais fut finalement mariée à M. Auguste. Elle eût une liaison avec M. Mouret ce qui faillit lui coûter le divorce. 

M. Vuillet : Il est libraire à Plassans. 

Pot-Bouille : Émile Zola

Bref aperçu sur l’auteur 

Émile Zola est un journaliste et écrivain français, né à Paris le 2 avril 1840 au 10 de la rue Saint-Joseph et mort dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902 par asphyxie. Il est le fils d’un ingénieur civil d’origine vénitienne et d’une jeune Beauceronne, fille d’un artisan vitrier et d’une couturière. Il est un grand classique français, auteur de plusieurs ouvrages tels que : 

Nana, La Bête Humaine, Germinal, L’Assommoir, Le ventre de Paris, La Terre, L’ Argent, Au Bonheur des Dames, La Curée, et bien d’autres. Régis M. HANTAN, est poète-slameur, flûtiste, rédacteur web, et chroniqueur littéraire à L’ivre du livre. Il est également philosophe de formation à l’UAC (Université d’ Abomey-Calavi).

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