Sur cette grève où soupire l’infini,
Elle marchait, les pieds nus, l’air béni.
Ses pas, si légers que le sable osait
À peine les garder, de peur de l’effacer.
Ses yeux portaient les reflets de l’écume,
Deux perles sombres, brûlantes sous la brume.
Et chacun de ces gestes, doux, précis, souverain,
Commandait les marées d’un seul mouvement vain.
O mer jalouse, tu grondais sous son charme,
Folle d’envie, battant ton flanc sans arme,
Car nulle vague, fût-elle ouragan,
N’atteint la grâce d’un seul de ses instants.
Je la vis, moi, simple mortel de sable,
Et crus d’un coup que l’amour était fable.
Mais quand elle sourit, l’univers s’inclina,
Et tout mon sang dans mes veines chancela.
Elle est la mer et sa voix, le vent du soir,
Sa peau, la lune, ses silences, espoir.
Et moi, naufragé de ses brefs souvenirs,
Je vis sur cette plage à me laisser mourir.
Car si la mer m’engloutit un matin,
Ce ne sera que pour frôler sa main.
Et périr là, dans le sel de son soupir,
Vaut mieux que vivre sans jamais la revoir rire.
Richenel AVOLONTO





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