Chronique livre : L’os de Mor Lam de Birago Diop 

L’os de Mor Lam est une pièce de théâtre mais à la fois un conte tragique et comique parue en 1977. C’est une œuvre de l’écrivain sénégalais Birago Diop figurant dans le numéro 1 de la Revue Présence Africaine. Elle raconte l’histoire de Mor Lam, principal personnage, faisant le choix de faire le mort au lieu de partager son OS avec son ami-frère, Moussa Mbaye. Il sera soutenu, accompagné ou respecté dans ce choix par son épouse Awa Ndiaye. C’est cette production livresque qui fait l’objet de la chronique livre de ce jour.

Résumé des faits racontés dans la pièce de théâtre

L’os de Mor Lam est une œuvre de 69 pages accessible sur le site de l’auteur Birago Diop et disponible en version numérique. Il se présente en quatre actes et une épilogue. Outre le quatrième tableau qui s’est déroulé en scène unique, les autres varient entre 2 à 6 scènes.

Le message de Oumi à son amie Awa relatif au tong tong

La pièce de théâtre s’ouvre sur la cour de la demeure de Mor Lam. Elle met en scène deux des personnages de l’oeuvre que sont la femme de Mor Lam, Awa Ndiaye et son amie Oumi. Cette dernière venue lui annoncer la nouvelle relative à l’acquisition du tong-tong et au partage de viande. 

La rentrée de Mor Lam sur scène, furieux de la présence de Oumi Gueye chez lui, est partie . Toutefois, elle a tout de même réussi à informer son amie avant son départ.

première couverture du livre L’os de Mor Lam

Le partage de la viande et l’apparition de Moussa Mbaye

Les jeunes du village ramènent le taureau bien gras au village sans se faire berner par le peulh. Le partage eut lieu comme prévu et chacun reçut une bonne part. Mor Lam obtint la part qu’il désirait autant. Il s’agit d’un jarret bien fourni en chair et bourré d’une moelle onctueuse. 

Il voulut que sa femme le fasse cuire doucement, lentement, longuement jusqu’à ce qu’il s’amolisse et fonds dans sa bouche comme du beurre. Il ne voulut personne proche de sa demeure ce jour. Mais son vœu ne se réalisera pas. Moussa Mbaye, cet ami d’enfance de Mor Lam apparu dans le village le jour même du partage.

Malgré les avertissements des notables et autres sages du village en l’occurrence de Mbar Diagne, Moussa Mbaye s’entête. Il décide donc de se rendre chez son ami d’enfance Mor Lam en se basant sur certaines valeurs comme :

  • La coutume ;
  • la tradition ;
  • l’honneur ;
  • l’hospitalité.

Mais à Mbar Diagne de repréciser à Moussa Mbaye : ‘’je crois que ce jour est bien mal choisi pour faire une visite à Mor Lam’’.

Dessin de l’écrivain Birago Diop

Analyse des faits évoqués par Birago Diop 

L’apparition de Moussa Mbaye est l’élément qui change le cours des événements et qui engendre la mort de Mor Lam. Il est venu perturber la quiétude de Mor Lam qui veille des mains de maîtres à la cuisson de la viande. Celui-ci interpelle sa femme Awa à chaque bout de minutes pour s’assurer que la viande s’amolit bien.

Mais la présence brusque et soudaine sans invitation de Moussa Mbaye a créé une mort de l’âme à Mor Lam. Accepterait-il volontier partager son tong tong avec celui qui s’identifie comme son plus que frère ? Telle est la question. Avec la complicité d’Awa Ndiaye, Mor Lam se déclare successivement malade, mort et conduit vivant à la tombe. 

  • Où est l’os, 
  • L’os est là-bas, 
  • s’est-il amolli 
  • Il s’est amolli Mor Lam, 

Oui, la viande s’est effectivement bien amolie mais Mor n’aura pas la chance de la déguster comme voulu. Elle ne s’effondra pas dans sa bouche comme du beurre. Elle se fondra plutôt dans celle de son ami frère Moussa Mbaye. Celui-ci attend jusqu’à la prière de Fadjar et décide volontier de se tenir au chevet de son ami mourant. 

Il décidera également de rester avec sa femme jusqu’à l’aube près du corps de Mor Lam. Méchanceté ou punition ? Seul Moussa Mbaye peut réellement donner les véritables raisons de son agissement. Awa est-elle indifférente aux décisions de son mari ou agit-elle de cette manière seulement pour remplir son devoir de femme africaine ? 

Toujours est-il que son attitude fut fatale à son époux. Elle en subira également les conséquences en se voyant juste après l’enterrement de son défunt mari ‘’confier’’ sans avis à ce Moussa Mbaye.

Photo blanc noir de Birago Diop
Articles Similaires
De purs hommes : Mohamed Mbougar Sarr

De purs hommes de Mohamed Mbougar Sarr explore les tensions sociales autour de l’homosexualité au Sénégal à travers le regard Lire plus

Le Génie du mal (The Great Gatsby) de F. Scott Fitzgerald

Ce roman emblématique de la littérature américaine explore les illusions et les excès de l’âge d’or à Manhattan. À travers Lire plus

Jours d’angoisse Écrit par Joël KONÉ

Paru en 2013 à Valesse Édition (Abidjan, Côte d’Ivoire), Jours d’angoisse de Joël Koné retrace le parcours d’Éric, étudiant fraîchement Lire plus

Un Nègre à Paris : Bernard B. DADIE  

Publié en 1959 aux éditions Présence Africaine, Un Nègre à Paris de Bernard B. Dadié (217 pages) relate le voyage Lire plus

No Home : Yaa Gyasi

Dans No Home, Yaa Gyasi déploie une fresque puissante qui traverse l’histoire de l’esclavage depuis la Gold Coast du XVIIIᵉ Lire plus

Tout Enfant est une Étoile de Jean-Pierre Mukendi

Dans Tout Enfant est une Étoile, Pierre Mukendi plonge le lecteur dans une Afrique ancestrale où certaines traditions condamnent les Lire plus

Doguicimi  : Paul HAZOUME

Publié en 1938, Doguicimi de Paul Hazoumé est un roman majeur de la littérature béninoise qui met en scène, dans Lire plus

Tounghan ou les écueils de l’immigration : Mahoua BAKAYOKO

Dans Tounghan ou les écueils de l’immigration – Tome 2, Mahoua Bakayoko livre quatorze nouvelles poignantes qui dénoncent avec lucidité Lire plus

Deux femmes, quatre hommes sous la coordination de Enock Guidjimè : un collectif de nouvelles entre douleur, résilience et espoir

Publié en novembre 2025 aux Éditions Béninlivres, Deux femmes, quatre hommes est un collectif de nouvelles de 110 pages, coordonné Lire plus

Certains cœurs lâchent trois fois rien de Gilles Paris : Le récit d’un écrivain qui survécu à huit consécutives dépressions.

Nul ne sait quand elle surgira. Elle, la dépression. Elle est le fruit de souffrances, de douleurs, de maux accumulés Lire plus

3 réponses à “Chronique livre : L’os de Mor Lam de Birago Diop ”

  1. […] un livre par jour, par semaine, par mois et par an ? Combien de jeunes éprouvent-ils le désir d’aller vers les livres aujourd’hui ? Combien alors fréquentent les bibliothèques ? A part quelques jeunes férus du […]

  2. Avatar de Gervais Dassi
  3. […] cinq (05) premières fictions montrent clairement les dérives, la gabegie, la corruption, les manigances au sein desquelles baignent son pays. Et comment cela rend caduque les conditions de vie et de […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share via
Copy link