La 18ᵉ édition du Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone entre dans sa phase décisive. Après l’examen de 46 ouvrages issus de 13 pays, le jury a dévoilé, vendredi 21 août à Abidjan, les cinq finalistes qui se disputeront l’édition 2026. Cameroun, République démocratique du Congo, Tchad, Sénégal et Côte d’Ivoire sont représentés dans une sélection qui illustre la diversité et le dynamisme de la création littéraire africaine francophone. Le nom du lauréat sera révélé le 30 octobre prochain.
La dernière ligne droite est désormais engagée pour le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone. Créée en 2008 par l’association Akwaba Culture, cette distinction s’est progressivement imposée parmi les rendez-vous importants consacrés à la littérature africaine d’expression française.
Pour cette 18ᵉ édition, le comité de présélection a dû départager 46 ouvrages provenant de 13 pays. À l’issue de cette première étape, cinq romans ont finalement été retenus pour la finale.
Présidé par le critique littéraire Michel Koffi, le pré-jury réunissait Solange Anoh, Serge Grah, Koffi Koffi et Henri N’koumo. Leur sélection, dévoilée le 21 août à Abidjan, fait apparaître une représentation géographique particulièrement intéressante : cinq auteurs, cinq pays et autant d’univers littéraires.
Cinq finalistes, cinq territoires littéraires
Le Cameroun sera représenté par Djaïli Amadou Amal, avec Espoir, publié en 2026 aux éditions Emmanuelle Colas. L’autrice, déjà largement reconnue sur la scène littéraire africaine et internationale, présente un ouvrage de 165 pages.
La République démocratique du Congo place également un écrivain dans la course avec Jocelyn Danga, auteur de Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad. Son roman compte 259 pages.
Le Tchad fait son entrée dans cette finale avec Nétonon Noël Ndjékéry, sélectionné pour La Fabrique du merveilleux. Publié chez Hélice Hélas, le roman compte 133 pages et vient confirmer la place croissante de la littérature tchadienne dans le paysage littéraire africain contemporain.
Du Sénégal arrive Célia Sanchez, finaliste avec Yaay !, un roman de 421 pages publié par L’Harmattan Sénégal.
Enfin, le pays hôte est représenté par Ephrem Youkpo, auteur de Ceux qui parlent fort, publié par Eyo Editions. Avec ses 250 pages, le roman permet à la Côte d’Ivoire de conserver une présence dans la dernière phase de la compétition.
Cette sélection offre ainsi un véritable panorama de la création romanesque africaine contemporaine, de l’Afrique centrale à l’Afrique de l’Ouest, avec des sensibilités, des trajectoires et des univers littéraires différents.
Une finale désormais placée sous la présidence de Werewere-Liking
Après le travail du pré-jury, une nouvelle composition entre en scène pour la dernière étape de la compétition. Le jury final sera présidé par Werewere-Liking, écrivaine, dramaturge et figure majeure de la création artistique africaine. Son rôle sera de départager les cinq finalistes et de désigner celui ou celle qui remportera le 18ᵉ Prix Ivoire.
Le verdict est attendu le 30 octobre 2026. La remise officielle du prix aura ensuite lieu le samedi 27 novembre 2026 à Abidjan. Le lauréat recevra une dotation de 3 000 euros. Selon le règlement, seul le vainqueur bénéficiera de la prise en charge du comité d’organisation pour venir recevoir son prix dans la capitale économique ivoirienne.
Une recommandation qui pourrait faire évoluer le règlement
La publication des finalistes s’accompagne également d’une proposition du pré-jury concernant l’avenir du Prix. Les membres du comité recommandent à Akwaba Culture d’introduire dans le règlement une disposition excluant de la compétition les écrivains ayant déjà participé à une cérémonie de remise du Prix en qualité d’invités d’honneur.
Cette recommandation pourrait conduire à une clarification des règles d’éligibilité lors des prochaines éditions et témoigne de la volonté du comité de faire évoluer le fonctionnement du Prix au regard de son histoire et de sa notoriété croissante.
Un palmarès qui raconte la littérature africaine francophone
Depuis sa création en 2008, le Prix Ivoire a construit un palmarès qui témoigne de la diversité des littératures francophones d’Afrique et de leurs prolongements internationaux. La dernière lauréate en date est Véronique Tadjo, récompensée en 2025 pour Je remercie la nuit, publié aux éditions Mémoire d’encrier/Vallesse.
Avant elle, le Prix avait distingué la Tunisienne Azza Filali en 2024 pour Malentendues, tandis qu’une mention spéciale avait été attribuée à Charlène Effah pour Les femmes de Bidibidi.
Le palmarès compte également des noms majeurs comme Sami Tchak, Blaise Ndala, Jennifer Richard, Gauz, Johary Ravaloson, Marijosé Alie, Kettly Mars, Hemley Boum, Mariama N’Doye, Tiburce Koffi ou encore Racine Kane.
La diversité géographique du palmarès est d’ailleurs l’une des caractéristiques du Prix. Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Togo, République démocratique du Congo, Madagascar, Maroc, Tunisie, Haïti, Martinique ou Guadeloupe ont ainsi été représentés au fil des éditions. L’édition 2020 constitue une exception, le Prix n’ayant pas été décerné en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19.
Une finale aux accents panafricains
Avec cette nouvelle sélection, le Prix Ivoire confirme surtout sa vocation à mettre en lumière la diversité des voix qui composent la littérature africaine d’expression francophone.
Le choix de cinq auteurs issus de cinq pays différents donne à cette finale une dimension résolument panafricaine. Il rappelle également que la littérature francophone du continent ne se résume pas à quelques grands pôles éditoriaux : elle se construit à travers des expériences, des langues, des histoires et des imaginaires multiples.
Parrainé par le ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie, l’ambassade de France à Abidjan et la Librairie de France Groupe, le Prix Ivoire entend contribuer à la promotion de la création littéraire africaine.
L’enjeu dépasse donc la seule attribution d’une récompense. À travers la mise en compétition et la circulation des œuvres, le Prix participe à la visibilité des écrivains africains, à la découverte de nouveaux textes et au dialogue entre les différentes scènes littéraires du continent.
Rendez-vous le 30 octobre
Désormais, ils ne sont plus que cinq. Djaïli Amadou Amal, Jocelyn Danga, Nétonon Noël Ndjékéry, Célia Sanchez et Ephrem Youkpo portent chacun les couleurs d’un territoire et d’un univers littéraire singulier. Après plusieurs semaines de lecture et de délibérations, le jury présidé par Werewere-Liking devra choisir l’œuvre qui succédera à Je remercie la nuit de Véronique Tadjo.
Le 30 octobre 2026, Abidjan connaîtra donc le nom du 18ᵉ lauréat du Prix Ivoire. Une nouvelle page s’ajoutera alors à un palmarès qui, depuis près de deux décennies, contribue à raconter la richesse, la diversité et le renouvellement permanent des littératures africaines d’expression francophone.





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