Le Salon du Livre Jeunesse de Lomé (SALIJEL) revient pour une troisième édition du 14 au 17 octobre 2026 au Village du Bénin de l’Université de Lomé. Avec 30 exposants annoncés et un programme mêlant exposition-vente, ateliers, rencontres professionnelles, concours et actions en milieu scolaire, le rendez-vous entend franchir une nouvelle étape : faire du livre jeunesse un véritable outil de coopération culturelle régionale.
Après deux premières éditions consacrées à la promotion de la lecture et au rapprochement entre les jeunes publics et le monde du livre, le SALIJEL poursuit son implantation dans le paysage culturel togolais. Organisé par l’association Lire au Togo, le salon tiendra sa troisième édition du 14 au 17 octobre 2026, au Village du Bénin de l’Université de Lomé.
Pour cette nouvelle édition, les organisateurs annoncent la participation de 30 exposants venus notamment de France, de Turquie, de Côte d’Ivoire, du Bénin, de Guinée et du Ghana.
Cette ouverture géographique traduit l’évolution du salon depuis sa création. En 2024, première année, le SALIJEL avait déjà attiré plus de 8 000 visiteurs selon les données rapportées par Togo First. En 2025, la deuxième édition avait réuni plus de quarante exposants autour des enjeux de la lecture jeunesse, de la coopération culturelle et du développement des industries culturelles et créatives.
« Le livre jeunesse, moteur de la coopération culturelle en Afrique de l’Ouest »
Pour cette troisième édition, le choix du thème est particulièrement révélateur :
« Le livre jeunesse, moteur de la coopération culturelle en Afrique de l’Ouest »
Le SALIJEL ne veut donc plus seulement être un espace où les enfants viennent découvrir des livres. Il entend également devenir un lieu où les professionnels du livre peuvent se rencontrer, échanger leurs expériences et construire des collaborations au-delà des frontières nationales.
Le choix de l’Afrique de l’Ouest comme cadre de réflexion est d’autant plus intéressant que les différents pays de la région disposent de traditions littéraires, de langues, de marchés et de politiques du livre différents, mais partagent aussi des défis communs : accès aux ouvrages, distribution, coût du livre, développement des bibliothèques, accompagnement des auteurs et éditeurs, place du numérique et renouvellement des publics.
Le livre jeunesse peut alors jouer un rôle particulier. Parce qu’il s’adresse aux lecteurs de demain, il peut devenir un instrument de découverte des cultures voisines et de construction d’un imaginaire régional commun.
Trente exposants pour élargir les échanges
L’annonce de 30 exposants internationaux constitue l’un des principaux marqueurs de cette édition. La présence annoncée de professionnels venus du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Guinée, de France et de Turquie devrait permettre de confronter différents modèles éditoriaux et différentes approches de la littérature destinée aux enfants et aux adolescents.
Cette dimension professionnelle était déjà présente lors des précédentes éditions. En 2025, le SALIJEL avait réuni plus de quarante exposants, notamment des éditeurs, libraires et illustrateurs venus d’Afrique et d’Europe. L’événement cherchait alors à renforcer la chaîne du livre togolaise, particulièrement sur les questions de diffusion et de promotion à l’ère numérique.
La troisième édition semble vouloir prolonger cette dynamique en donnant davantage de place à la coopération culturelle régionale.
Des livres, mais aussi des ateliers et des rencontres
Le SALIJEL 2026 proposera plusieurs activités destinées à faire du livre une expérience participative. Au programme figurent notamment une exposition-vente, des ateliers de lecture et d’écriture, des rencontres professionnelles ainsi que la finale du concours « Les Étoiles de la Lecture ». Cette diversité est importante pour un événement consacré à la littérature jeunesse.
Il ne suffit pas de mettre des livres sur des tables pour créer de nouveaux lecteurs. Il faut aussi leur donner l’occasion de rencontrer des auteurs, de découvrir des illustrations, de raconter leurs propres histoires, de participer à des activités créatives et, surtout, de comprendre que le livre peut être un objet de plaisir autant qu’un outil d’apprentissage.
C’est cette logique qui avait déjà conduit le SALIJEL à intégrer des ateliers pour enfants, des rencontres avec auteurs, illustrateurs et libraires et des activités de promotion de la lecture dès sa première édition.
Le salon veut rapprocher le livre de l’université
L’installation du SALIJEL au Village du Bénin de l’Université de Lomé donne également une orientation particulière à cette troisième édition. Le salon entend notamment renforcer ses liens avec le monde universitaire à travers une nouvelle plateforme destinée aux étudiants, futurs enseignants et bibliothécaires. Ce choix est stratégique.
Les futurs enseignants seront en première ligne pour transmettre le goût de la lecture aux nouvelles générations. Les futurs bibliothécaires auront, eux, un rôle déterminant dans la constitution et l’animation des espaces de lecture.
Faire de l’université un lieu de rencontre entre ces futurs professionnels et les acteurs de la chaîne du livre permet donc de travailler sur la lecture en amont, en rapprochant la formation, la création littéraire et les pratiques professionnelles.
Plus de vingt écoles au programme de la caravane littéraire
Le SALIJEL ne devrait par ailleurs pas limiter son action au lieu du salon. Une caravane littéraire doit parcourir plus de vingt écoles de Lomé, avec l’ambition d’amener les auteurs et les livres directement auprès des élèves.
Cette approche prolonge une orientation déjà observée lors des précédentes éditions. En 2026, la Foire internationale du livre de Lomé avait elle aussi misé sur une caravane littéraire à travers le pays pour aller à la rencontre des élèves et promouvoir la lecture.
Le développement de ces actions hors des espaces traditionnels du livre constitue probablement l’un des leviers les plus intéressants pour élargir le lectorat. Car une question demeure centrale pour les acteurs du secteur : comment atteindre les enfants qui ne fréquentent pas spontanément les librairies, bibliothèques ou salons du livre ? La réponse du SALIJEL est simple : aller vers eux.
Un événement qui intervient dans un secteur encore fragile
Cette troisième édition intervient dans un contexte où la filière togolaise du livre cherche encore à consolider ses circuits de production, de diffusion et de commercialisation. La récente relance de la Foire internationale du livre de Lomé (FI2L), en avril 2026, a remis en lumière plusieurs de ces difficultés, notamment la distribution des œuvres locales et l’accès aux bibliothèques.
La question ne concerne donc pas uniquement la création littéraire. Le Togo dispose d’auteurs, d’éditeurs, de libraires, d’illustrateurs et d’initiatives de promotion de la lecture. Mais pour qu’un écosystème du livre devienne véritablement dynamique, il faut que les ouvrages puissent être produits, distribués, vendus, achetés, lus et conservés.
Le livre jeunesse constitue dans cette perspective un marché et un secteur stratégique. Il permet de travailler simultanément sur l’éducation, la culture, l’édition, la création graphique, les bibliothèques et les industries culturelles et créatives.
Le SALIJEL, un laboratoire de coopération régionale ?
Avec son thème 2026 et l’élargissement de ses participants, le SALIJEL pourrait progressivement dépasser le statut de salon national. La présence d’acteurs provenant de plusieurs pays ouvre la possibilité de construire des partenariats entre éditeurs, libraires, auteurs, illustrateurs et institutions.
À terme, une telle dynamique pourrait favoriser la circulation des livres jeunesse africains, encore trop souvent confrontés à des marchés nationaux cloisonnés.
Un enfant togolais peut-il facilement accéder à un album publié au Bénin ? Un éditeur ivoirien peut-il diffuser ses ouvrages au Ghana ou au Togo ? Un auteur béninois peut-il rencontrer des lecteurs togolais dans les écoles ? Les illustrateurs de la région peuvent-ils travailler ensemble ? Ce sont précisément ces questions que les espaces de coopération culturelle peuvent contribuer à résoudre.
Le SALIJEL 2026 semble vouloir faire de Lomé un point de rencontre pour ces différentes initiatives.
De la promotion de la lecture à la construction d’un marché
L’autre enjeu est économique. Développer la lecture jeunesse, c’est aussi contribuer à créer une demande pour les livres. Et cette demande est indispensable à la survie d’une chaîne du livre composée d’auteurs, d’illustrateurs, d’éditeurs, d’imprimeurs, de distributeurs et de libraires. Les salons jouent ici un rôle particulier : ils permettent de mettre directement en contact l’offre et les lecteurs.
L’exposition-vente prévue au SALIJEL participe de cette logique. Mais l’événement cherche également à aller plus loin en organisant des rencontres professionnelles. C’est là que se trouve peut-être l’une des clés de sa pérennisation : faire du salon non seulement un événement culturel, mais aussi un espace de mise en relation et de création d’opportunités pour les professionnels.
Lomé, rendez-vous du livre jeunesse ouest-africain ?
En trois éditions, le SALIJEL semble progressivement construire son identité. La première édition avait posé les bases de la promotion de la littérature jeunesse. La deuxième avait accentué la dimension professionnelle et la coopération culturelle. La troisième entend désormais placer explicitement le livre jeunesse au cœur des échanges culturels ouest-africains.
Cette progression est intéressante dans un paysage où plusieurs capitales africaines cherchent à renforcer leurs rendez-vous littéraires.
Lomé dispose désormais de plusieurs manifestations autour du livre, dont le SALIJEL et la FI2L, relancée en avril 2026 après plusieurs années d’interruption. Cette dernière ambitionne notamment de réunir auteurs, éditeurs, libraires, institutions et lecteurs et de contribuer à structurer le marché local.
Le SALIJEL peut donc trouver sa singularité en faisant de la jeunesse, de la lecture et de la coopération culturelle son territoire privilégié.
Du 14 au 17 octobre 2026, le Village du Bénin de l’Université de Lomé accueillera ainsi un salon qui entend réunir enfants, enseignants, étudiants, auteurs, éditeurs, illustrateurs, libraires et institutions autour d’une même conviction : le livre jeunesse peut être bien davantage qu’un outil pédagogique. Il peut devenir un vecteur de dialogue entre les cultures et un trait d’union entre les peuples d’Afrique de l’Ouest.
Article basé sur les informations publiées par Togo First, notamment l’article consacré à la troisième édition du SALIJEL, ainsi que sur les précédentes publications relatives au salon et à la FI2L. (Togofirst)





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