Le Prix littéraire du Quai d’Orsay a dévoilé la sélection finale de son édition 2026. Créée en 2025 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, cette distinction récompense chaque année un roman de langue française qui porte un regard sur le monde, les rencontres entre les cultures et les grands enjeux internationaux contemporains. Le nom du lauréat ou de la lauréate sera annoncé le 4 septembre prochain à Paris.
Pour sa deuxième édition, le Prix littéraire du Quai d’Orsay confirme son ambition singulière : faire de la littérature un instrument de compréhension du monde et de dialogue entre les peuples. Porté par l’Académie diplomatique et consulaire (ADC) et la Direction des Archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en partenariat avec l’Institut français et le réseau diplomatique français, le prix s’inscrit pleinement dans une démarche de diplomatie culturelle.
L’initiative repose sur une conviction forte : les œuvres de fiction constituent des espaces privilégiés pour penser l’altérité, explorer les identités multiples et mieux appréhender les réalités internationales à travers le regard des écrivains.
Six romans en compétition
Le jury a retenu six ouvrages aux univers littéraires variés, mais réunis par leur ouverture aux questions humaines, sociales et culturelles qui traversent les sociétés contemporaines.
Les finalistes de l’édition 2026 sont :
- Je n’ai jamais dit Papa, de Louis-Philippe Dalembert (Robert Laffont) ;
- Qui se ressemble, d’Agnès Desarthe (Buchet-Chastel) ;
- Feu de Dieu, de Mohamed Kacimi (Actes Sud) ;
- Garcia Lorca et le poète birman, de Nour Malowé (Éditions Récamier) ;
- Quartier des fantômes, de Rithy Panh et Christophe Bataille (Grasset) ;
- Bréviaire des anonymes, de Lyonel Trouillot (Actes Sud).
Le ou la lauréat(e) sera dévoilé(e) le 4 septembre lors de la Fabrique de la Diplomatie, un événement organisé à l’Université Sorbonne Nouvelle, dans le XIIe arrondissement de Paris.
Un jury aux profils complémentaires
Le Prix littéraire du Quai d’Orsay est présidé cette année par le journaliste et président de Reporters sans frontières, Pierre Haski, figure reconnue du journalisme international. Correspondant de l’Agence France-Presse depuis 1974 et chroniqueur géopolitique sur France Inter, il a récemment lancé sa chaîne numérique « Le Monde de Pierre Haski ».
À ses côtés siègent des personnalités issues de la littérature, de la philosophie, de l’enseignement et du journalisme : la philosophe et académicienne Barbara Cassin, le romancier et prix Goncourt 2011 Alexis Jenni, le journaliste et producteur Emmanuel Khérad, la professeure de lettres Isabelle Mimouni, le poète, dramaturge et slameur haïtien Jean d’Amérique, ainsi que la romancière et dramaturge Marie NDiaye, prix Goncourt 2009.
Par la diversité de ses membres, le jury entend croiser les regards et distinguer des œuvres qui conjuguent exigence littéraire, force narrative et ouverture sur les enjeux internationaux.
Une récompense qui dépasse le cadre du prix littéraire
Le Prix littéraire du Quai d’Orsay se distingue également par l’expérience proposée aux auteurs sélectionnés.
Le ou la lauréat(e) reçoit son prix lors d’une cérémonie organisée au Quai d’Orsay et bénéficie d’une résidence d’une semaine au sein d’une ambassade de France à l’étranger. Cette immersion offre une occasion unique de découvrir le travail diplomatique, de rencontrer d’autres réalités culturelles et de nourrir l’écriture au contact du terrain.
L’originalité du dispositif tient aussi au fait que les cinq autres finalistes bénéficient du même privilège. À l’issue de leur séjour, ils sont invités à laisser une trace de cette expérience sous la forme de leur choix – récit, texte, carnet ou témoignage –, des productions qui pourraient, à terme, faire l’objet d’une publication.
Une première édition prometteuse
L’an dernier, pour sa première édition, le Prix littéraire du Quai d’Orsay avait récompensé L’Arabe qui sourit d’Omar Youssef Souleimane, publié chez Flammarion. L’auteur avait reçu une dotation de 10 000 euros et avait choisi de séjourner à Katmandou dans le cadre de sa résidence diplomatique.
Les autres finalistes avaient également effectué des immersions dans différentes villes du monde : Hajar Azell à Bogota, Marwan Chahine à Nairobi, Valérie Clo à Ankara et Istanbul, Delphine Grouès à Athènes et Jean-Luc Marty à Hanoï.
Cette dimension internationale constitue l’une des signatures du prix. Elle traduit la volonté du ministère de faire de la littérature un espace de rencontres, de circulation des idées et d’échanges entre les cultures.
La littérature comme outil de compréhension du monde
À travers le Prix littéraire du Quai d’Orsay, la diplomatie française affirme la place de la création littéraire dans les relations internationales contemporaines. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les migrations, les crises identitaires et les recompositions culturelles, le récit apparaît comme un moyen privilégié pour comprendre l’autre et penser la complexité du monde.
En consacrant des romans qui interrogent les frontières, les identités, les mémoires et les relations humaines, le Prix littéraire du Quai d’Orsay rappelle que la littérature demeure l’un des plus puissants instruments de dialogue entre les peuples et un levier essentiel de la diplomatie culturelle française.





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