La troisième édition du Salon national du livre amazigh s’est ouverte mercredi 16 septembre 2026 à la Maison de la culture Taous-Amrouche de Béjaïa, en Algérie. Prévu du 16 au 19 septembre, l’événement réunit 14 maisons d’édition venues de plusieurs wilayas ainsi que plus de 80 auteurs écrivant en langue amazighe. Organisé par le Centre de recherche en langue et culture amazighe (CRLCA), en partenariat avec l’association culturelle Asalas et avec la collaboration de la Maison de la culture de Béjaïa, le salon entend renforcer la visibilité du livre amazigh et favoriser les échanges entre créateurs, chercheurs, éditeurs et lecteurs.
Quatorze maisons d’édition et 84 auteurs attendus
Des éditeurs venus notamment de Guelma, Chlef, Oran, Biskra, Alger, Béjaïa et Tizi Ouzou prennent part à cette troisième édition. Le commissaire du salon, Fetissi Fatah, avait annoncé la participation de 84 auteurs issus de 17 wilayas.
La programmation accorde également une place aux auteurs ayant publié leurs ouvrages à compte d’auteur. Cette ouverture traduit la volonté de prendre en compte la diversité des parcours éditoriaux et de permettre à davantage de créateurs de présenter leurs livres au public.
Plusieurs institutions et associations actives dans le domaine culturel participent également à la manifestation. Parmi elles figurent le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de Tamazight (CNPLT), ainsi que des départements universitaires spécialisés dans la langue et la culture amazighes.
Une programmation tournée vers les jeunes lecteurs
Le salon ne se limite pas aux expositions et aux rencontres professionnelles. Des activités sont destinées aux enfants et aux jeunes lecteurs, notamment à travers trois ateliers, des concours de dictée et des exercices d’écriture.
Ces initiatives visent à rapprocher le livre amazigh des nouvelles générations et à inscrire la lecture dans une dynamique de transmission linguistique et culturelle. Les ventes-dédicaces et les expositions permettent, pour leur part, de créer un contact direct entre les auteurs, les éditeurs et les visiteurs.
À l’ouverture, le directeur du CRLCA, Mustapha Tidjet, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les auteurs et les éditeurs dans leur travail de création et de promotion du livre en tamazight. Le représentant du HCA, Boualili Si Aissa, a également souligné l’importance de la promotion de la langue amazighe dans toutes ses variantes et de la valorisation de la recherche académique.
Il a présenté le livre comme un vecteur essentiel de transmission du savoir, de la mémoire et des valeurs sociétales.
Quatre panels pour interroger la littérature amazighe
L’aspect scientifique occupe une place importante dans cette édition. Quatre panels sont prévus autour de questions littéraires, institutionnelles, technologiques et sociales.
Le premier rend hommage à l’écrivain Amar Mezdad à travers une table ronde intitulée « Esthétique du roman, engagement et mémoire ». Les échanges porteront notamment sur l’émergence du roman amazigh, l’engagement de l’auteur et les témoignages liés à son œuvre.
Le deuxième panel réunira plusieurs institutions et associations organisatrices de prix littéraires, dont le HCA. Les participants examineront l’impact de ces distinctions sur la visibilité et le parcours des écrivains. La qualité littéraire des œuvres, les critères d’évaluation et les mécanismes de reconnaissance seront également au centre des discussions.
Le troisième panel abordera la place de tamazight face au numérique et à l’intelligence artificielle. Les échanges permettront d’interroger les possibilités offertes par ces technologies pour la création, la diffusion, la traduction et la sauvegarde de la langue, tout en examinant les défis liés aux données, aux usages et à la représentation des différentes variantes amazighes.
Le dernier panel proposera une réflexion sur les mutations sociales et identitaires des sociétés amazighes contemporaines. Plusieurs conférences animées par des spécialistes compléteront cette programmation.
Une convention pour renforcer l’édition scientifique
En marge du salon, une convention a été signée entre l’Office des publications universitaires (OPU) et le CRLCA. Elle porte sur l’édition et la distribution d’ouvrages scientifiques et pédagogiques en langue amazighe.
Le directeur général de l’OPU, Zine Laabidine Boumelit, a indiqué que cet accord devait contribuer à enrichir les bibliothèques universitaires et électroniques avec davantage de publications en tamazight.
Mustapha Tidjet a, pour sa part, insisté sur les capacités de l’OPU, en tant qu’éditeur public, à publier des ouvrages scientifiques et à assurer leur distribution à l’échelle nationale à des prix accessibles.
Cette convention donne au salon une portée qui dépasse la seule célébration littéraire. Elle ouvre une perspective concrète pour la production, la circulation et l’accessibilité du savoir scientifique en langue amazighe.
Le livre amazigh face à de nouveaux enjeux
À travers expositions, ateliers, rencontres et initiatives éditoriales, le Salon national du livre amazigh se positionne comme un espace de dialogue autour de la création et de la transmission. La présence d’auteurs auto-édités ou publiés par des maisons d’édition, la participation d’institutions de recherche et la réflexion sur l’IA témoignent des transformations qui traversent aujourd’hui l’écosystème du livre amazigh.
La troisième édition, qui se poursuit jusqu’au 19 septembre, met ainsi en lumière une littérature engagée dans la préservation de la mémoire, mais également confrontée aux exigences de la diffusion, de l’innovation technologique et de la reconnaissance institutionnelle.





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