Onze (11) bonnes raisons pour les jeunes garçons de lire A une petite Amazone, les 22 lettres de l’alphabet féminin qu’on ne m’a jamais lues de Bénédicta Aloakinnou

Mis sur le marché le samedi 14 mars dernier à travers une cérémonie fort simple mais bien achalandée, A une petite Amazone, les 22 lettres de l’alphabet féminin qu’on ne m’a jamais lues est un livre pour tous. La formulation de la titraille pourrait donner l’impression que sa cible est toute désignée : « Une petite amazone » donc  la jeune fille. Cependant, la richesse du livre, la sincérité du ton et la profondeur du dialogue imaginaire étendent l’utilité à une cible plus large. Homme comme femme, jeunes et adultes sauront trouver un fort intéret à lire un livre qui s’offre comme un guide. Trouvez ici onze (11) raisons principales pour lesquelles le petit garçon par exemple doit le lire

  1. Lire est indispensable pour la construction du jeune garçon  

Faut-il encore épiloguer sur l’importance de la lecture dans la construction de la personnalité ? La lecture est cruciale pour les jeunes garçons, car elle stimule le développement cognitif, enrichit le vocabulaire et améliore la concentration, favorisant ainsi la réussite scolaire. Elle renforce tout autant l’empathie, l’intelligence émotionnelle et la gestion des émotions à travers les expériences portées par les personnages de lecture. 

En lisant A une petite Amazone, les 22 lettres de l’alphabet féminin qu’on ne m’a jamais lues, les jeunes garçons apprendront à nommer les besoins des femmes, leurs ressentis, ce qu’il faut pour ne pas les offenser, pour les aider à se construire et à s’épanouir. Ils seront très tôt outillés à la reconnaissance et à la déconstruction des préjugés et stigmatisations qui finissent par faire le lit aux abus et dérives envers les femmes. 

  1. Connaître et comprendre les besoins des filles (solidarité, s’exprimer, à l’erreur, son espace, ses choix

Comprendre les besoins des filles implique de reconnaître leur quête d’autonomie, de respect, de sécurité et d’épanouissement personnel. Cela passe par l’écoute active, le soutien à l’éducation, la valorisation de leur confiance en soi et la création d’environnements sûrs. Sur le plan relationnel, elles valorisent la communication, l’attention et la sincérité.

Dans le livre, l’écrivaine propose des pistes pour guider les filles à se prendre en charge avec dignité. Elle évoque l’importance de la solidarité (lettre 7) entre les filles, le droit de s’exprimer sans peur, de prendre soin d’elles entre autres. C’est une mine d’information qui peut aider à l’éducation des jeunes garçons pour leur donner le bon pli très tôt. 

  1. Intégrer les valeurs des femmes 

Au terme des astuces pour intégrer les valeurs féministes, radio France propose une série de questions dont : «Inciter à se poser des questions ; faire prendre conscience ; expliquer, relativiser, changer les représentations en lisant. Ce dernier point intéresse particulièrement pour ce que la lecture participe des recettes pour intégrer les valeurs des femmes. 

En se décidant à traduire sa réflexion en écriture livresque, l’écrivaine ne poursuivait pas une autre quête que d’être lu fondamentalement. Ce faisant, elle espère ainsi partager les valeurs et expériences emagasinées de toutes ses années de femme engagée dans les causes féminines. La faire lire aux jeunes garçons concourt à la quête partagée par différentes initiatives de sensibilisation et d’éducation au respect des droits des femmes. 

  1. S’ajuster aux attentes et besoins de femmes

Les attentes et les besoins des femmes sont : « principalement une communication ouverte, le respect, la sécurité émotionnelle et le soutien […] Elles recherchent une répartition équitable des tâches, de l’attention, de la tendresse et la reconnaissance de leur individualité ». 

Ce sont des thématiques développées dans le livre de Bénédicta Aloakinnou. Écris dans un français accessible, imprimé en format poche de 82 pages, sa lecture devrait être très facile pour les jeunes garçons. Ce faisant, ils intègrent les mécanismes pour comprendre et s’ajuster aux attentes et besoins des femmes. 

  1. Le sens et la portée du NON chez la fille (Lettre 3) 

Les femmes peuvent dire NON. Elles en ont le droit. La conception générale, dans un environnement éminemment partriarcal veut que l’ont interprête le refus de la femme comme un caprice ou un non droit. Dans le cercle des jeunes garçons, il se répète souvent que : “la femme rejette violemment ce qu’elle désire ardemment”. 

Cette assertion ne passe pas pour être une norme. L’autrice en fait le rappel dans la lettre 3. Quand la femme dit NON, le reflexe d’un garçon poli et bien éduqué est de croire à ce refus, de s’y conformer d’abord. Ce faisant, il peut se servir de l’occasion d’un dialogue dépassionné pour clarifier le sens d’un tel refus, les raisons et les principales motivations.  

  1. Les filles ont droit aux “rêves” (Lettre 4)

Le rêve caractérise la nature humaine. Dans la lettre n°4, l’auteure affirme que : « les rêves n’ont pas de prix », s’adressant à la petite Amazone. En d’autres termes, ne pas avoir de rêves à courir est une anomalie et personne ne doit en restreindre le champ à autrui. 

En bon garçon, plutôt que d’être tueur de rêve, il faut aider les filles à en avoir des plus grands possibles, des plus nobles. Des exemples sont légions, les femmes d’exception, qui s’illustrent dans tous les secteurs d’activité ; y compris les métiers autrefois chasse gardée exclusive des hommes. 

  1. Pourquoi et comment prendre soin de la femme (lettre 5)

Il s’agit de concéder aux filles leur espace et leur temps. Quand le livre insiste sur la nécessité pour la fille de prendre soin d’elle, c’est pour l’entretien de son bien-être global. Il n’est pas nécessaire de lui en demander plus qu’elle n’en peut. L’une des illustrations les plus parfaites sont les tâches domestiques et/ou ménagères qui parfois s’apparentent à des corvées de plus pour les femmes. 

Deux jeunes enfants dans le même domicile reviennent des classes et la fille doit être l’unique à s’ocupper de la cuisine et à appreter le dîner par exemple ne participe pas du bien-être de la femme. Il est nécessaire d’intégrer que les filles sont susceptibles de ressentir de l’épuisement et de ne pas toujours être en mesure de s’occuper de toutes les tâches qu’on voudrait leur céder comme de « droit ». 

  1. La sacralité du corps de la femme (lettre 12) 

L’être humain est sacré. Il est clairement mentionné dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et repris à l’article 15 de la constitution en vigueur au Bénin. Ce qui lui confère une nature inviolable. 

L’accent y est davantage mis dans la lettre n°12 du livre de Bénédicta Aloakinnou pour prévenir les abus et autres excès dans l’atteinte à l’intégrité du corps de la femme dans plusieurs sociétés du monde. Les mariages forcés qui perdurent, les phénomènes d’excision, les viols entre autres. 

Le corps de la femme « n’est pas à vendre », rappelle l’écrivaine. Il n’est non plus « à cacher, ou à comparer ». L’auteure va plus loin et informe le jeune garçon, dans son adresse à la jeune amazone, que la femme  a : 

« le droit de dire non si quelqu’un veut (la) toucher, même un adulte. Le corps de la femme n’a pas besoin d’être parfait pour être respecté ». Il n’est pas question de le juger sur sa forme, sa couleur voire sa taille. 

  1. La portée des larmes chez les filles (lettre 14)

Chez les filles, « pleurer n’est pas de la faiblesse ». C’est un mode de communication pur et sincère. Cela traduit un état d’esprit et un ressenti. Le rôle de l’interlocuteur masculin dans ce contexte est d’en appréhender le (les) sens ou encore la portée. En effet, être une femme forte ne dispense pas de la dimension humaine liée à notre nature. 

Dans un moment de doute ou de situation confuse, les filles « se servent des larmes pour évacuer le trop plein ». En ces circonstances, si on peut offrir une oreille ou une épaule, ce n’est pas inutile. Cela procure de l’assistance à un tiers.  Tout ceci,  dans le strict respect des limites autorisées par cette dernière. 

  1. Les filles peuvent éprouver de la colère, des craintes, des doutes (lettres 17, 18, 19)

Dans les lettres 17, 18 et 19, l’écrivaine aborde trois préoccupations cruciales pour les filles. Les moments de colère et les incertitudes conduisent à des interrogations. Ces émotions et ressentis sont normales et relèvent de la nature humaine. Comme l’a vu avec « les larmes », ce ne sont pas des faiblesses. 

Ce sont des ressentis légitimes qui méritent des réponses pour les interrogations ou du temps et de l’espace pour être évacués. 

Le jeune garçon doit pouvoir percevoir les choses sous cet angle. Tout le monde peut se fâcher, formuler des questions, s’exprimer ou se taire. Ce ne sont pas là des choses qui sont l’apanage exclusif d’un genre spécifique ou d’une catégorie de personnes isolées. 

  1. Forces et pouvoirs des femmes (lettres 20, 21)

Les filles transforment le monde. Elles ont la pleine connaissance de leurs capacités. Elles sont en mesure de décider pour elles-mêmes, d’accepter et de refuser un tel emploi, une telle faveur y compris en amour. De plus en plus, à travers les luttes des femmes avangardistes, des instruments juridiques leur viennent à la rescousse. 

Le jeune garçon doit en avoir conscience et prendre connaissance des textes, lois et autres instruments qui protègent les femmes. Ce qui leur évite de se retrouver pris au piège des fautes répréhensibles. 

Par Moïse NONVIGNON 

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