Le chant du lac d’Olympe BHÊLY-QUENUM
Le chant du lac d’Olympe BHÊLY-QUENUM

Le chant du lac d’Olympe BHÊLY-QUENUM

Le chant du lac est l’une des œuvres majeures d’Olympe BHÊLY-QUENUM, il a été publié aux Éditions Présence Africaine en 1965. Il s’agit d’un roman-fiction, de 159 pages. Il met en relief le vécu politique, culturel du peuple Dahoméen dans sa relation avec les divinités et du réveil de la modernité. Cette dernière est incarnée par les jeunes lettrés, décidés à mettre fin à la mystification des dieux, des traditions et des puissances obscures. Les personnages principaux, Mme Ounéhou, ses enfants et son piroguier furent entraînés une nuit sur le lac contre lesquels ils livrèrent une bataille sans merci et finirent par lever le voile sur les mythes des puissances obscures. 

RÉSUMÉ DU ROMAN LE CHANT DU LAC D’OLYMPE BHÊLY-QUENUM

Revenus de l’étranger, les jeunes étudiants racontèrent la triste nouvelle du décès de leur camarade Houngbé à la famille Ounéhou. Celui-ci envisageait de mettre fin à la tyrannie des dieux du lac de Wèsè et fit part de son projet à ses camarades. Malheureusement le sort en a décidé autrement (il mourut au cours du trajet). 

La légende raconte que les dieux du lac étaient deux jeunes gens qui, sous l’opposition de la famille, n’ont pu se marier. C’est ainsi qu’un jour après un bain dans le lac de Wèsè, ils disparurent. Monsieur Ounéhou, est un homme réputé du village qui s’est engagé en politique pour améliorer les conditions de vie des villageois. 

Il ne reçoit pas l’aval des villageois qui allèguent qu’il les détournerait de leurs dieux. Les étudiants se mobilisèrent pour aller combattre les dieux du lac. Ils furent mis en garde par les aînés du village qui craignaient le courroux des dieux. Mais ces étudiants n’avaient d’yeux que pour leur décision. 

Madame Ounéhou est une commerçante, elle allait vendre au marché de Déhâ accompagné de ses enfants et de Fanouvi son piroguier. Un jour, se rendant au marché, Madame Ounéhou, ses enfants et son piroguier furent surpris par une tempête qui effraya tous les villageois y compris les dieux du lac. 

Ne progressant pas à cause du vent, le piroguier ramait à contre courant et ils furent surpris par la nuit. C’est ainsi que les dieux du lac décidèrent de faire couler la pirogue, considérant que les passagers de la pirogue leurs défiaient. Préparés en conséquence, Madame Ounéhou, ses enfants et le piroguier livraient une lutte féroce contre les dieux du lac. 

Ils réussirent à mettre à mort l’un des dieux, puis désespéré, le second se suicida. Alors Fanouvi, Madame Ounéhou et ses enfants mirent fin au règne des dieux du lac et une nouvelle ère se leva sur le village. 

ANALYSE ET AVIS CRITIQUE DU ROMAN LE CHANT DU LAC D’OLYMPE BHÊLY-QUENUM

Le chant du lac est un véritable chef-d’œuvre, un mélange de réalité et de fiction qui met à nu les arcanes politiques et culturels du Dahomey. L’auteur nous fait une caricature des différents débats et événements qui opposent les tenants de la tradition, les gardiens du mysticisme, et les jeunes lettrés. 

Il nous montre que les traditions, les mythes et fariboles dont on entoure les réalités naturelles sont les causes de la conception erronée de nombreux peuples africains. Aussi, il faut souligner que l’auteur à travers le personnage des jeunes étudiants illustre le rôle d’éclaireurs et de démystificateur que doit jouer la jeunesse. 

À travers le personnage, Houngbé qu’on peut voir comme un héros, Olympe BHÊLY-QUENUM amène à pousser plus loin la réflexion. Cette dernière permettant de comprendre que la jeunesse doit avoir à cœur les préoccupations de son temps et que les jeunes gens doivent s’unir pour faire éclore leur nation. 

Etude de la forme du roman le chant du lac et note sur l’auteur Olympe BHÊLY-QUENUM

Le Roman est constitué d’une bibliographie de l’auteur, d’une dédicace de l’auteur à sa famille, des chapitres puis d’une postface de G. Potiékhna. Il est écrit dans un style simple, souple et amusant. On remarque également dans l’œuvre des notes musicales accompagnées de différentes figures de notes qui créent ainsi une musicalité à l’intérieur même de l’œuvre.  

L’usage de prénoms africains, particulièrement béninois, ainsi que la transcription de certaines chansons fon  permet au lecteur de faire un voyage sans détour dans la culture béninoise et de découvrir ses innombrables richesses. L’ouvrage est très compréhensif et amusant, et destiné à un public large. Toutefois, le lecteur aura quelques difficultés à déchiffrer, mieux, à comprendre le sens de certaines phrases écrites dans le registre familier (trop vulgaire). 

Il ne faut pas non plus oublier l’aspect mythique de certains personnages qui peut susciter la peur chez le jeune lecteur. On peut retenir de cette lecture que nombre de légendes africaines représentent pour certains peuples des réalités au point où la conscience de ces derniers semble absorbée. 

Dans cette même logique, la tradition devient parfois le cauchemar de certains à telle enseigne qu’ils passent à côté de leur vie et végètent dans des chimères. Il faut également retenir que la jeunesse joue un rôle essentiel dans l’éveil des consciences et qu’elle constitue le parchemin qui mène vers l’épanouissement de la société. 

Olympe BHÊLY-QUENUM , né le 20 septembre 1928 à Ouidah au Dahomey ( actuel Bénin ), est un journaliste et écrivain béninois.

Régis Mahougnon HANTAN

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