Du 28 au 31 octobre 2026, la ville de N’Djaména accueillera la 12ᵉ édition du Festival International le Souffle de l’Harmattan, plus connu sous l’acronyme FISH. Considéré aujourd’hui comme l’un des grands rendez-vous littéraires d’Afrique centrale, ce festival poursuit son ambition de faire du livre, de la parole et de la création littéraire des instruments de dialogue, de transmission et de construction culturelle. Placée sous le thème central : « Écrire à l’ère de l’intelligence artificielle », cette nouvelle édition entend ouvrir une réflexion de fond sur les mutations contemporaines de l’écriture et de la création à l’heure des technologies génératives.
Un festival devenu une référence culturelle africaine
Depuis plusieurs années, le Festival International le Souffle de l’Harmattan s’impose comme un espace majeur de rencontres entre écrivains, éditeurs, lecteurs, artistes et professionnels du livre venus du Tchad, d’Afrique et d’ailleurs. Organisé dans la capitale tchadienne, le festival rend hommage à N’Djaména, présentée comme un véritable carrefour de civilisations, de traditions et de cultures.
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent redonner à la littérature tchadienne une visibilité plus forte tout en valorisant les richesses historiques, humaines et culturelles du pays. Le festival apparaît également comme un outil de promotion du vivre-ensemble, de l’unité et du dialogue interculturel.
Le FISH figure d’ailleurs parmi les événements littéraires africains recensés dans le rapport de l’UNESCO consacré aux industries du livre en Afrique, preuve de son rayonnement progressif sur la scène culturelle continentale.
Pour cette 12ᵉ édition, les organisateurs annoncent une programmation renforcée afin de donner davantage d’ampleur à l’événement et de consolider sa place dans l’espace culturel africain.
« Écrire à l’ère de l’intelligence artificielle » : un thème au cœur des mutations contemporaines
Le choix du thème de cette année traduit une volonté claire : inscrire la littérature tchadienne et africaine dans les grands débats contemporains liés au numérique et à l’intelligence artificielle.
Avec l’émergence d’outils capables de générer des textes, d’imiter des styles littéraires ou de collaborer à l’écriture d’œuvres, les frontières traditionnelles de la création artistique se trouvent profondément questionnées. Le festival souhaite ainsi ouvrir des échanges autour de nombreuses interrogations : qu’est-ce qu’un texte original à l’ère des algorithmes ? Quelle place reste-t-il à la sensibilité humaine ? L’écrivain peut-il collaborer avec la machine sans perdre son authenticité créative ?
Au-delà des enjeux technologiques, le FISH veut surtout replacer ces questions dans le contexte africain et tchadien. Les organisateurs estiment que l’intelligence artificielle peut devenir un outil important de valorisation des langues nationales, de sauvegarde des traditions orales et de diffusion des récits locaux.
Dans un contexte où les infrastructures éditoriales restent encore fragiles dans plusieurs pays africains, les nouvelles technologies pourraient faciliter la production, la traduction et la circulation des œuvres littéraires. L’IA pourrait également contribuer à la création de bases de données linguistiques et à la préservation du patrimoine oral africain.
Mais les responsables du festival appellent aussi à une appropriation critique et éthique de ces technologies. Pour eux, il ne suffit pas d’avoir accès aux outils numériques : il faut également comprendre leurs mécanismes, leurs limites et leurs implications culturelles.
Le festival veut ainsi transformer cette thématique en un véritable espace de réflexion collective sur la mémoire, la transmission, la création et l’avenir de la littérature africaine.
Une édition tournée vers la jeunesse et l’innovation
Cette 12ᵉ édition s’adresse particulièrement à la jeunesse tchadienne et africaine, fortement connectée aux univers numériques et créatifs.
Le festival entend encourager les jeunes auteurs à expérimenter de nouvelles formes narratives mêlant traditions orales, imaginaires africains et outils technologiques modernes. Pour les organisateurs, l’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un prolongement possible de l’imagination humaine lorsqu’elle est utilisée avec discernement.
Le FISH souhaite également faire émerger de nouveaux talents littéraires et susciter un intérêt renouvelé pour la lecture auprès des jeunes générations.
Une réflexion autour des mémoires collectives
Les organisateurs annoncent également que cette édition accordera une place particulière aux questions de mémoire collective. Plusieurs auteurs et invités seront appelés à réfléchir sur les événements historiques ou sociaux parfois oubliés ou marginalisés dans les récits officiels. Cette orientation vise à redonner de l’espoir et à permettre un travail de contextualisation historique et culturelle autour des mémoires individuelles et collectives.
À travers cette démarche, le festival confirme sa volonté d’être non seulement un espace littéraire, mais aussi un lieu de réflexion intellectuelle et citoyenne.
Les préparatifs déjà lancés à N’Djaména
Le 1er mai 2026, les membres du comité d’organisation du Festival International le Souffle de l’Harmattan se sont réunis autour du commissaire général Sosthène Mbernodji afin de faire le point sur les préparatifs de cette édition.
Selon les organisateurs, plusieurs passionnés de littérature et volontaires ont déjà répondu présents pour accompagner la mise en œuvre de l’événement. Le comité insiste sur le rôle fondamental du livre comme outil de souveraineté culturelle, de transmission et de diversité linguistique.
Dans un message adressé aux amoureux du livre et de la culture, les organisateurs promettent une édition « fantastique » et invitent les volontaires à rejoindre l’équipe du festival dans plusieurs domaines :
- communication ;
- relation avec les auteurs ;
- logistique ;
- accueil.
Les bénévoles sélectionnés auront l’occasion de vivre de l’intérieur quatre jours d’activités littéraires, de rencontres et d’échanges culturels au cœur de N’Djaména.
Un rendez-vous littéraire majeur pour l’Afrique centrale
Au fil des années, le Festival International le Souffle de l’Harmattan s’est progressivement imposé comme l’un des principaux salons littéraires d’Afrique centrale. En mettant en avant la littérature tchadienne tout en s’ouvrant aux enjeux mondiaux de la création contemporaine, le festival poursuit sa mission de plateforme de dialogue, d’échanges et de valorisation culturelle.
Cette 12ᵉ édition, portée par les débats autour de l’intelligence artificielle, de la mémoire collective et des nouvelles formes d’écriture, pourrait ainsi marquer une étape importante dans l’évolution du paysage littéraire tchadien et africain.





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