Quatre étudiantes de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de Cotonou ont décroché leur qualification pour la grande finale du concours d’éloquence Challenge des Orateurs 2026. Après l’étape organisée à l’École nationale d’économie appliquée et de management (ENEAM), la seconde demi-finale s’est tenue le samedi 28 mars 2026 dans l’amphithéâtre Pharmacie. L’événement a réuni un public diversifié, composé notamment de l’auteur de l’ouvrage de référence, des responsables d’étudiants et de nombreux soutiens venus encourager les candidats.
Au terme d’une soirée rythmée par des prises de parole engagées et des échanges soutenus, deux duos se sont nettement démarqués. Il s’agit de Drucille Daoudou et Paméla Togodo, ainsi que d’Armistiche Avogo et Marina Dossou-Koko. Leur qualification est l’aboutissement de deux duels particulièrement disputés, construits autour de thématiques inspirées de l’œuvre La Loi du Sacrifice sur le chemin du Succès. Cet ouvrage au cœur de cette deuxième édition est écrit par Renaud Mahugnon Tonato.
Le premier duel a opposé le duo Marina Dossou-Koko et Armistiche Avogo (équipe 2) au duo Emmanuelle Dua et Ange Martial Togninou (équipe 3), autour du thème : « Avoir du succès équivaut à avoir des objectifs ». En défendant la thèse affirmative, l’équipe 2 a soutenu avec conviction qu’aucune réussite durable ne peut exister sans objectifs clairement définis. Elle a structuré son argumentation à partir d’extraits du livre de référence. Elle a aussi illustré ses propos par des exemples concrets. En face, l’équipe 3 a développé une position contraire, en remettant en cause l’idée d’un lien systématique entre succès et objectifs. Elle s’est appuyée, entre autres, sur l’exemple de la « guerre des organes » pour démontrer les limites de cette affirmation.
Le second duel a opposé le duo Miracle Dotonou et Bel Steave Anato (équipe 1) au duo Drucille Daoudou et Pamela Togodo (équipe 4), sur le thème : « Le silence est une force précieuse, surtout lorsqu’il s’agit de protéger ses ambitions ». L’équipe 1 a présenté le silence comme un véritable levier de protection et de concentration. Selon ses intervenants, parler excessivement expose les idées à la critique prématurée, voire à leur appropriation par autrui, alors que le silence permet de préserver l’énergie mentale et de mûrir ses projets. À l’inverse, l’équipe 4 a défendu l’idée que l’expression des ambitions constitue un facteur essentiel de leur réalisation. Elle a soutenu que partager ses aspirations favorise les opportunités, les rencontres et les collaborations. Dans une réplique particulièrement remarquée, ce duo a souligné que leurs adversaires avaient eux-mêmes dû rompre le silence pour défendre leur position.
À l’issue des différentes confrontations, le jury a procédé à l’évaluation des prestations. Il était composé de José Pascaël Agbo, Samuel Dakpogan et Péguy Aniambossou. Les appréciations ont porté sur plusieurs critères, notamment la qualité de l’éloquence, la pertinence des arguments, la présence scénique ainsi que la maîtrise du ton et du rythme du débat. Chaque intervention a ainsi été analysée avec attention, dans un souci d’équité et de rigueur.
La fin de cette demi-finale ouvre désormais la voie à une grande finale très attendue. Elle est prévue pour le 3 mai 2026. Celle-ci s’annonce déjà comme un moment fort de cette édition, au regard du niveau affiché par les finalistes.
Quid de ce concours universitaire ?
Le Challenge des Orateurs, faut-il le rappeler, est un concours d’éloquence universitaire au Bénin. Il se distingue des autres concours par sa démarche qui met un livre au centre de chaque édition. Une façon innovante de renforcer les compétences des universitaires et de promouvoir les livres. Il s’inscrit dans le cadre du projet Wanilo Talk, initié par le jeune écrivain béninois Rabelais Mahugnon Kpétchékou.
La première édition, organisée en 2025, s’était tenue exclusivement à l’École nationale d’économie appliquée et de management (ENEAM) de l’Université d’Abomey-Calavi. Avec cette deuxième édition, le concours franchit une nouvelle étape. Il s’est ouvert à la Faculté des Sciences de la Santé. Cette extension traduit une volonté claire d’élargissement et d’ancrage dans le paysage universitaire national. À terme, l’initiative ambitionne de s’étendre à d’autres universités du pays. Il vise à promouvoir l’art oratoire et à révéler, sur l’ensemble du territoire, de nouveaux talents capables de s’exprimer avec force et conviction.





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