Vendredi 23 janvier 2026, l’EEGTP Laura Vicuna de Zogbo, à Cotonou, a vibré au rythme de la littérature à l’occasion du lancement officiel de deux romans de l’écrivain béninois Jean-José Bahouncolé : La Cité des enfants perdus et Quand le destin se mêle…, tous publiés aux éditions Nouveautés.
La cérémonie, sobre mais dense de sens, a été organisée par la librairie Théraplume – Lire pour se reconstruire, basée à Godomey, non loin du CEG. C’est devant un public nombreux, composé majoritairement d’enseignants et d’élèves, que s’est tenue cette rencontre littéraire.
La forte mobilisation des apprenants, attentifs et curieux, a donné à l’événement une dimension pédagogique et citoyenne affirmée. Plusieurs exemplaires des ouvrages ont été vendus sur place et dédicacés par l’auteur, dans une ambiance conviviale et studieuse.
La Cité des enfants perdus, un cri contre le trafic des enfants
Le premier roman présenté, La Cité des enfants perdus, plonge le lecteur dans une histoire glaçante inspirée d’une réalité sociale encore trop présente. À partir de la disparition mystérieuse de la petite Cica, entraînée hors de chez elle sous un faux prétexte anodin, le récit dévoile les rouages d’un vaste réseau de trafic d’enfants, fait d’exploitation, de violences et de silences complices.
La douleur des parents, Dominique Boko et Maxime Ayissou – deux cousins liés par une tragédie commune – structure un récit haletant où la quête de vérité se heurte aux zones d’ombre de la société. Présentant l’ouvrage, Fidèle Honvou a mis en lumière la portée dénonciatrice du roman, qui condamne sans détour le trafic d’enfants et interpelle sur la responsabilité collective face à ce fléau.
Plus qu’une fiction, La Cité des enfants perdus se pose comme un texte d’alerte et de conscience.
Quand le destin se mêle…, écrire pour la mémoire et la vie
Le second roman, Quand le destin se mêle…, change de registre tout en conservant une forte charge émotionnelle. Présenté par Djamal Tidjani, ce texte tragique revient sur l’accident de la route survenu à Dassa le dimanche 29 janvier 2023, impliquant un bus de la compagnie Baobab Express, dont l’incendie a causé la mort d’au moins vingt-deux personnes.
À travers cette œuvre, préfacée par Juste Hessa, Jean-José Bahouncolé interroge la fragilité de la vie, l’imprudence routière, la responsabilité humaine et les failles du système de transport. Le roman se veut également un hommage appuyé aux victimes de ce drame, parmi lesquelles figurent des personnalités connues et de nombreuses anonymes dont les destins ont été brutalement interrompus.
L’auteur rappelle ainsi que derrière chaque accident se cachent des vies, des familles et des traumatismes durables. En filigrane, Quand le destin se mêle… se présente comme un appel à la mémoire, mais aussi à une prise de conscience collective sur la sécurité routière.
Une littérature engagée au cœur de l’école
En choisissant un établissement scolaire pour ce double lancement, les organisateurs ont fait le pari assumé de rapprocher le livre des jeunes et de placer la littérature au cœur des débats de société. Les échanges avec les élèves, nourris et spontanés, ont témoigné de l’impact des thématiques abordées et de la pertinence d’un tel cadre pour sensibiliser et éveiller les consciences.
La formule a séduit, confirmant le rôle que peut jouer la littérature comme outil d’éducation, de mémoire et de transformation sociale. Comme l’ont lancé, non sans humour, certains participants : « ils sont fous, ces deux professeurs de français », fous sans doute de croire encore au pouvoir des livres — une folie salutaire, pleinement partagée ce jour-là à Zogbo.
👉 Vous aimez cet article ? Contribuez à notre mission en cliquant sur ce lien. Chaque geste compte 🙏
https://me.fedapay.com/donlivredulivre




Laisser un commentaire