Les bibliothèques de Sherbrooke, au Québec, s’apprêtent à franchir une nouvelle étape de leur modernisation. D’ici 2027, leur réseau sera équipé de la technologie RFID (Radio Frequency Identification), un système d’identification par radiofréquence qui permettra d’automatiser une grande partie des opérations de prêt et de retour des documents. Une évolution qui illustre la place croissante des technologies numériques dans les bibliothèques contemporaines.
La Ville de Sherbrooke a récemment lancé un appel d’offres afin de se doter d’un système intégré de prêt et de retour automatisé basé sur la RFID. Le projet représente un chantier de grande ampleur puisque plus de 400 000 documents – livres, vidéos et archives – devront être équipés de puces électroniques avant le déploiement complet du dispositif.
« On estime que ce sera prêt au cours de l’année 2027 », a indiqué Danielle Berthold, présidente du comité de la vie active et culturelle de la Ville de Sherbrooke, soulignant l’ampleur de l’opération.
Une technologie déjà éprouvée
La RFID, pour Radio Frequency Identification ou « identification par radiofréquence », est une technologie qui utilise les ondes radio pour identifier et suivre des objets de manière automatique.
Ses premières applications remontent aux années 1930, lorsque les Britanniques cherchaient à distinguer, sur leurs radars, les avions alliés des appareils ennemis pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis, la technologie s’est largement démocratisée et est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines : paiement sans contact, logistique, gestion des stocks, protection des actifs, suivi des marchandises ou encore Internet des objets connectés.
Un système RFID repose sur trois composantes principales : une antenne de lecture, un émetteur-récepteur et une puce électronique, également appelée « tag ». Lorsqu’elle est activée par les ondes radio émises par le lecteur, la puce transmet les informations qu’elle contient.
Les étiquettes RFID peuvent être passives, actives ou semi-actives selon leurs caractéristiques techniques et leur autonomie énergétique. Certaines solutions permettent même des lectures à plusieurs dizaines de mètres de distance.
Une révolution pour les bibliothèques
Depuis plusieurs années, la RFID s’impose progressivement dans les bibliothèques du monde entier. Son principal atout réside dans l’automatisation de la gestion des collections. Concrètement, chaque document reçoit une puce électronique contenant un identifiant unique. Les ouvrages peuvent ensuite être empruntés ou retournés grâce à des bornes libre-service, sans qu’il soit nécessaire de scanner chaque document individuellement.
La technologie facilite également les inventaires, accélère les opérations de tri, améliore le suivi des collections et réduit considérablement les erreurs liées aux opérations manuelles.
À Sherbrooke, la municipalité estime que cette modernisation améliorera significativement l’expérience des usagers. « Cela va faciliter l’utilisation des bibliothèques, accroître l’autonomie des citoyens et réduire les temps d’attente lors des journées très achalandées », explique Danielle Berthold.
Une nouvelle expérience pour les usagers
L’arrivée de la RFID s’inscrit dans une transformation plus large du rôle des bibliothèques, de plus en plus pensées comme des espaces de services, de médiation culturelle et d’expériences numériques. Grâce aux bornes de prêt autonomes, les visiteurs pourront effectuer eux-mêmes plusieurs opérations en quelques secondes. Les procédures administratives seront simplifiées et la gestion des abonnements devrait gagner en fiabilité.
Cette automatisation ne signifie pas pour autant une diminution de l’importance du personnel. Au contraire, les employés pourront consacrer davantage de temps à l’accompagnement des publics, à l’animation culturelle et à la médiation documentaire.
La Ville de Sherbrooke estime également que le système contribuera à réduire les contraintes physiques liées aux manipulations répétitives des ouvrages et favorisera une diversification des compétences des équipes.
Les bibliothèques à l’heure de la transition numérique
L’exemple de Sherbrooke illustre une tendance de fond observée dans de nombreux réseaux de lecture publique à travers le monde. Les bibliothèques investissent de plus en plus dans les technologies numériques afin d’améliorer l’accès aux collections, de simplifier les services et de répondre aux nouvelles attentes des usagers.
L’intégration de la RFID constitue ainsi bien plus qu’une simple évolution technique. Elle témoigne de la capacité des bibliothèques à s’approprier les innovations technologiques tout en restant fidèles à leur mission première : rendre la connaissance plus accessible, plus fluide et plus proche des citoyens.
À l’horizon 2027, les bibliothèques sherbrookoises pourraient ainsi devenir un laboratoire concret de la bibliothèque de demain : un lieu où patrimoine documentaire, service public et innovation technologique avancent désormais de concert.





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