La 14ᵉ édition du Prix de la littérature arabe met en lumière une nouvelle fois la vitalité et la diversité des littératures du monde arabe. Pour cette édition 2026, neuf ouvrages ont été retenus dans la sélection officielle, avec des auteurs et autrices venus d’Algérie, du Koweït, du Liban, du Maroc, de Palestine et de Tunisie. À travers des récits intimes, historiques, sociaux ou encore marqués par les questions d’identité et d’exil, cette sélection donne à voir la pluralité des voix qui composent aujourd’hui la création littéraire arabe.
Neuf ouvrages, six territoires littéraires
La sélection réunit des œuvres écrites en arabe et traduites en français, mais également des romans directement rédigés en français. Cette diversité linguistique constitue l’une des particularités du Prix, qui cherche à favoriser la découverte, auprès du lectorat francophone, d’une littérature produite dans les différents espaces du monde arabe.
Parmi les neuf ouvrages retenus figure L’Impossible Roman de l’honorable monsieur K. de l’écrivain koweïtien Taleb Alrefai, traduit de l’arabe par Luc Barbulesco et publié chez Actes Sud. Le Liban occupe une place importante dans cette sélection avec trois titres : Hind ou la plus belle femme du monde de Hoda Barakat, également traduit par Luc Barbulesco et publié chez Sindbad/Actes Sud ; Ici commence la terre de Jadd Hilal, paru chez Elyzad ; et Chansons pour les ténèbres d’Imane Humaydane, traduit de l’arabe par Marianne Babut et publié chez Gallimard dans la collection « Verticales ».
L’Algérie est représentée par deux ouvrages. Houaria d’Inam Bioud, traduit de l’arabe par Lotfi Nia et publié aux éditions Philippe Rey, côtoie Le garçon ébloui de Xavier Leclerc, paru chez Gallimard.
La sélection accueille également Madame Bovary, ma mère et moi de Samira El Ayachi, autrice marocaine publiée aux Éditions de L’Aube.
La Palestine est représentée par Karim Kattan avec Septentrionale, publié chez Elyzad.
Enfin, la Tunisie entre dans la compétition avec Quatre jours sans ma mère de Ramsès Kefi, paru chez Philippe Rey.
La sélection officielle
| Auteur/autrice | Pays | Ouvrage | Éditeur |
| Taleb Alrefai | Koweït | L’Impossible Roman de l’honorable monsieur K. | Actes Sud |
| Hoda Barakat | Liban | Hind ou la plus belle femme du monde | Sindbad/Actes Sud |
| Inam Bioud | Algérie | Houaria | Philippe Rey |
| Samira El Ayachi | Maroc | Madame Bovary, ma mère et moi | Éditions de L’Aube |
| Jadd Hilal | Liban/Palestine | Ici commence la terre | Elyzad |
| Imane Humaydane | Liban | Chansons pour les ténèbres | Gallimard |
| Karim Kattan | Palestine | Septentrionale | Elyzad |
| Ramsès Kefi | Tunisie | Quatre jours sans ma mère | Philippe Rey |
| Xavier Leclerc | Algérie | Le garçon ébloui | Gallimard |
Des récits qui traversent les frontières
Au-delà de leur origine géographique, les neuf ouvrages témoignent de la diversité des sujets explorés par les écrivains et écrivaines du monde arabe.
La sélection fait ainsi coexister différentes générations, différentes sensibilités et plusieurs traditions éditoriales. Les œuvres abordent des expériences individuelles et collectives, des trajectoires familiales, des questions de territoire et d’identité, mais aussi les rapports à la mémoire et à l’histoire.
Cette pluralité constitue l’un des intérêts majeurs de la sélection 2026. Le Prix ne se limite pas à présenter une littérature définie par son appartenance géographique : il donne également à découvrir des écritures et des imaginaires multiples, façonnés par des contextes sociaux, historiques et culturels différents.
La présence de plusieurs maisons d’édition françaises et indépendantes spécialisées dans la littérature étrangère contribue également à cette circulation des textes. Actes Sud, Gallimard, Elyzad, Philippe Rey ou encore les Éditions de L’Aube participent ainsi à la diffusion de ces œuvres auprès du public francophone.
La traduction, au cœur du Prix
La question de la traduction occupe une place particulière dans cette distinction. Plusieurs des romans retenus ont été écrits en arabe avant d’être traduits en français.
Le Prix de la littérature arabe prévoit ainsi une mention spéciale consacrée à la traduction, accompagnée d’une dotation de 2 000 euros destinée au traducteur ou à la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale.
Cette reconnaissance souligne le rôle essentiel des traducteurs dans la circulation internationale des œuvres. Sans leur travail, une grande partie de la création littéraire arabe resterait inaccessible au lectorat francophone.
La sélection 2026 associe notamment les traductions de Luc Barbulesco, Lotfi Nia et Marianne Babut à des œuvres venues du Koweït, du Liban et de l’Algérie.
Un prix créé pour rapprocher les littératures arabes et le lectorat francophone
Créé en 2013 par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA), le Prix de la littérature arabe compte parmi les distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe.
Il récompense l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe puis traduit en français, ou directement écrit en français. Pour l’édition 2026, les livres doivent avoir été publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.
La distinction est dotée de 8 000 euros.
Au fil de ses éditions, le Prix s’est ainsi donné pour ambition de favoriser la connaissance des littératures arabes contemporaines en France et de contribuer au dialogue entre les cultures à travers le livre.
Alexandre Najjar présidera le jury
Après cette première étape de sélection, les neuf ouvrages seront soumis à l’appréciation du jury. Cette année, celui-ci sera présidé par Alexandre Najjar, avocat et écrivain, lauréat du Grand Prix de la Francophonie en 2020. La délibération doit avoir lieu à l’automne 2026. Le jury devra alors départager les ouvrages retenus et désigner le lauréat ou la lauréate de cette 14ᵉ édition.
Une attention particulière sera également portée aux œuvres traduites de l’arabe, avec l’attribution de la mention spéciale destinée au travail de traduction.
Une remise du prix en décembre à l’Institut du monde arabe
Le nom du lauréat sera dévoilé à l’issue des délibérations, avant une remise officielle prévue en décembre 2026. La cérémonie se déroulera à l’Institut du monde arabe, dans le cadre de la Semaine de la langue arabe, en présence d’Anne-Claire Legendre, présidente de l’IMA.
En attendant le verdict, les neuf ouvrages de la sélection sont disponibles auprès de la librairie de l’Institut du monde arabe, offrant aux lecteurs l’occasion de découvrir les différentes voix réunies cette année.
Cette 14ᵉ édition confirme ainsi la volonté du Prix de faire de la littérature un espace de rencontre entre les langues, les territoires et les histoires. De l’Algérie au Koweït, du Liban à la Palestine, du Maroc à la Tunisie, les neuf romans sélectionnés dessinent une cartographie littéraire où les frontières géographiques cèdent la place à la circulation des imaginaires et des expériences. Le prochain rendez-vous sera celui du jury, chargé de faire émerger, parmi ces neuf voix, celle qui remportera le Prix de la littérature arabe 2026.





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