La librairie Librairie Théraplume a accueilli, dans la soirée du samedi 25 avril 2026, le quatrième numéro des Rencontres Théraplume. Installé à proximité du CEG Godomey en direction de PK-14, cet espace littéraire confirme, à travers cette initiative, son ambition de proposer un “café littéraire autrement”, centré sur des œuvres porteuses de sens et des échanges de qualité.
Pour cette édition, l’écrivain Osseni Yaya était à l’honneur. Il a dialogué avec le public autour de son ouvrage Kinninssi ou la rançon du sang, sous-titré Dans les méandres de la cybercriminalité. Cette pièce de théâtre, publiée en septembre 2024, constitue le septième livre de l’auteur et plonge le lecteur dans une réalité sociale troublante, profondément ancrée dans l’actualité béninoise récente.
Inspiré de faits tragiques, notamment l’assassinat rituel de la petite Prunelle Assogba en 2020 à Cotonou, l’ouvrage explore les dérives liées à la cybercriminalité et à certaines pratiques occultes. À travers une narration saisissante, l’auteur met en lumière un phénomène qui, bien que moins visible dans sa forme médiatisée aujourd’hui, continue de bouleverser des vies et de fragiliser des familles.
Au cœur du récit, la divinité Kinninssi — figure issue du Sud-Bénin — est évoquée non pas comme objet d’accusation, mais comme symbole d’une instrumentalisation inquiétante. L’auteur dénonce l’usage détourné de cette entité par des individus guidés par la cupidité, prêts à sacrifier valeurs et vies humaines pour l’argent et le pouvoir. Il alerte également sur les dangers d’un accès profane à ces pratiques, insistant sur la responsabilité collective de la société, notamment à travers le triptyque “famille-école-rue”, dans la protection et l’encadrement de la jeunesse.
L’œuvre s’ouvre dans une atmosphère dramatique, portée par le son d’un tam funèbre, et transporte le lecteur dans le village imaginaire de Djitchin, théâtre d’événements tragiques où l’espoir semble constamment menacé. À travers cette fiction, l’auteur révèle une connaissance approfondie des divinités dites hématophages et de leurs usages dévoyés, tout en posant un regard critique sur les mutations sociales contemporaines.
Modérée par Christeuge Hounkpevi, la rencontre a donné lieu à des échanges riches et interactifs. Les interventions du public, les questions posées et les analyses partagées ont témoigné d’un réel intérêt pour le thème abordé, la démarche de l’auteur et la pertinence de l’œuvre. Profitant de cette tribune, Osseni Yaya a insisté également sur le rôle fondamental de l’éducation dans le développement des sociétés, la présentant comme un socle indispensable face aux dérives observées.
Au-delà du contenu, cette quatrième édition confirme la montée en puissance des Rencontres Théraplume dans le paysage littéraire béninois. À travers des formats innovants — lecture d’extraits, échanges directs, lancement de précommandes et séances de dédicaces — l’initiative se distingue et s’impose progressivement comme un rendez-vous incontournable pour les amoureux du livre.
Publié aux Éditions Fou Sans Frontière, Kinninssi ou la rançon du sang est disponible notamment à la Librairie Théraplume. Avec cette nouvelle édition, les Rencontres Théraplume confirment leur vocation : faire du livre un espace de dialogue, de réflexion et d’engagement, au cœur des réalités contemporaines.
La rencontre a également été marquée par la présence de plusieurs acteurs de la chaîne du livre — écrivains, libraires, promoteurs culturels et passionnés de lecture — venus témoigner leur attachement à ce type d’initiative. Une mobilisation qui confirme l’intérêt croissant autour des Rencontres Théraplume, dont les regards sont désormais tournés vers le cinquième numéro, annoncé pour le dernier samedi du mois de mai.





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