L’affaire des coupeurs de têtes : Moussa Konaté

L’affaire des coupeurs de têtes : Moussa Konaté

L’écrivain africain dans sa quête de bien faire arrive à frotter certains genres littéraires qui jusque-là semble être fait pour des auteurs occidentaux. Mieux, en abordant ces genres, il arrive à faire mieux. L’écrivain malien Moussa Konaté connu pour sa plume nous conduit à travers ses pages dans les rouages de l’enquête à la manière de certains auteurs célèbres comme Edgar Poe, Conan Doyle… Son œuvre “L’affaire des coupeurs de têtes” qui est la dernière de ses romans policiers nous montre la perspicacité avec laquelle son personnage principal le commissaire Habib dénoue cette situation mystérieuse. Il s’étend sur 228 pages et est édité à Métailité Noir en 2013.

Résumé de l’ouvrage “l’affaire des coupeurs de têtes” de Moussa Konaté

L’équipe de football qui a gagné pour la première fois celle des Khassonkés a mis le peuple Kita en émoi. À la vue de cette joie immense et impensable, la foule vint à la gare accueillir l’équipe gagnante. C’est à travers la danse et les cris au son des instruments de musique.

L’effervescence de la joie et de la fête était à son paroxysme. De sorte que personne ne remarqua qu’il gisait par terre pas très loin d’eux le cadavre d’un mendiant sans tête. Au même moment, les enfants voulant se montrer dignes de leur équipe jouaient aussi sur la voie de la gare. 

Sur le tir de l’un d’entre eux, le ballon se retrouva entre les jambes du cadavre. Indifférent à tout, un des enfants s’approcha pour retirer son ballon lorsque le corps tomba lourdement et le turban se défait. Que ne fit pas la surprise et la peur du petit garçon lorsqu’il héla « Il n’a pas de tête ». 

Ce seul coup d’alarme mit ses amis et lui-même en débandade. Les adultes après un moment d’hésitation détalèrent sans demander leur reste. Alors, intervint le commissaire Dembélé qui depuis des années qu’il vivait à Kita n’a jamais été confronté à une telle situation. Suite à cet évènement, des choses bizarres se produisirent dans le village. 

De partout, les villageois reliaient cette affaire à une malédiction et à la colère des dieux. Ils étaient avec son adjoint quand on découvrit un autre cadavre sans tête. L’ampleur que prenait la situation entraina l’envoie du commissaire de la brigade criminelle à la rescousse du commissaire Dembélé. 

Cependant, il y a à se demander si le commissaire Habib arrivera à résoudre cette affaire avec son adjoint Sosso ? Qui est à la tête de cette tuerie ? S’agit-il vraiment de la colère des dieux ?

Analyse de l’ouvrage “l’affaire des coupeurs de tête” de Moussa Konaté

Cette œuvre est la dernière de Konaté en tant qu’écrivain. C’est surtout la dernière de ses œuvres polars et se révèle être un vrai délice. Il rivalise avec les grands auteurs polars de l’occident. La dextérité et la perspicacité avec lesquelles l’histoire est élaborée et l’enquête dénouée démontre une maîtrise de sa plume. 

D’abord, l’enquête semble irrésolue face à la découverte d’un cadavre sans tête. Car une enquête doit suivre des étapes bien définies et un mobile pouvant aider à trouver les fautifs. C’est en ce moment que la croyance se frotte contre la rationalité qui est un outil très important dans une enquête policière. 

« Venons-en maintenant à l’os de la parole… » P.34. De plus, Moussa a élaboré l’œuvre de telle sorte que la première partie aborde et met les faits sous l’effet de l’irrationnel. Cependant, il revient sur ses pas pour démontrer que l’irrationnel n’est pas un fait à faire intervenir dans une enquête. 

De là, il met l’accent sur les détails à connaître sur une enquête. Un aspect qui donne plus de particularité à son œuvre. Il met l’accent sur la raison qui accompagne tout dénouement d’une enquête. Il évoque aussi le pouvoir de l’observation et de l’écoute à tout geste de son entourage. 

Enfin, comme l’occidental, le commissaire Habib émet une hypothèse qu’il confirme par une mise en scène. Ce qui ne se retrouve pas forcément dans les polars européens. Car Moussa prend la peine de confondre ses personnages devant un public. 

Il le fait par le biais du commissaire Habib, ce qui ne se retrouve pas dans les œuvres européennes de polars. « En Côte d’Ivoire comme dans la plupart des sociétés noires… » p.212.

Avis critique du Roman

L’ouvrage “L’affaire des coupeurs de têtes” de Moussa Konaté est une œuvre dont le niveau de langue est à la portée de tous. La lecture est fluide et rapide. Il n’y a pas trop de description. Le rythme de lecture est fluide et les chapitres ne sont pas très volumineux au point d’ennuyer le lecteur. 

L’auteur aussi a su mettre le lecteur en alerte par les mystères. L’enquête qui a failli ne pas aboutir malgré toutes les hypothèses mises en place par le commissaire Habib est aussi intéressante. Cependant, bien que l’enquête s’est produite dans un cadre africain, l’auteur a fait ressembler l’évènement et les démarches à l’occident.

Cet élément fait que l’ouvrage “L’affaire des coupeurs de têtes” de Moussa Konaté  ressemble aux œuvres polars européennes.

Les personnages principaux de l’œuvre

-le commissaire Dembélé : il est le premier qui a ouvert l’enquête sur les coupeurs de têtes. Il est le commissaire de Kita. Il a été aussi berné par son adjoint Sy.

Adjoint Sy : il est le cerveau de l’organisation des coupeurs de têtes. C’est lui qui a mis en place tout en incriminant le fou Nagaba. Il est aussi celui qui incita le capitaine Habib à envoyer son adjoint dans la cabane de Ngaba

Nagaba : c’est le fou faussement incriminer qui a été relâché après les hypothèses émises par Habib.

– Le capitaine Habib : est celui envoyé par le ministère pour prêter mains fortes au commissaire Dembélé pour le dénouement de l’enquête. Il est un stratège fin. C’est lui qui démasqua les magouilles de l’adjoint Sy.

Adjoint Sosso : il est l’adjoint du capitaine Habib, avec l’apprentissage avec son patron, il découvre les fautifs.

Kébé : est l’exécuteur des ordres de Sy. Il est un psychopathe qui sans scrupule tuait les pauvres mendiants.

Kouassi Kouadjo : est un pilleur de tombe qui exécutait les ordres des Diaby une fois qu’il est rémunéré.

El Hadji Oumar Diaby : dans son projet d’ouvrir un grand espace pour ses affaires étant prêt à tout. C’est ainsi qu’il s’allia avec Kébé pour recueillir les têtes qui ont la vertu d’attirer les diamants dans les minerais.


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Thierry HOUNYE chroniqueur à L’ivre Du Livre. Il est philosophe de formation à l’UAC ( Université d’Abomey-Calavi).

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