La huitième édition du Grand Prix Assia-Djebar du roman entre dans sa dernière ligne droite. Le jury a dévoilé à Alger une sélection de neuf œuvres, réparties à parts égales entre l’arabe, le tamazight et le français. Une diversité linguistique qui accompagne des romans largement traversés par la mémoire, l’histoire et les transformations de la société algérienne.
Trois langues, neuf romans et une même ambition : mettre en lumière la vitalité de la création romanesque en Algérie. La short liste de la 8e édition du Grand Prix Assia-Djebar du roman a été dévoilée lundi à Alger par le jury du concours, lors d’une rencontre organisée au siège de la chaîne de télévision AL 24 News.
Présidé par le poète et universitaire Hakim Miloud, le jury a retenu neuf romans parmi les 155 œuvres reçues cette année. La sélection respecte une répartition équilibrée : trois romans en arabe, trois en tamazight et trois en français.
Neuf romans, trois espaces linguistiques
Dans la catégorie des œuvres écrites en arabe figurent A’rach Ed’dem de Hocine Laalam, Er’rafraf de Sarah Mohamed Maariche et Aam Ar-rehma de Khier Chouar.
La sélection en tamazight comprend D Asderfef (Tâtonnement) de Chabha Ben Gana, Tighri n Tudert (Le cri de la vie) de Siham Harikenchikh et Aggus (La ceinture) de Farida Sahoui.
Trois romans complètent la sélection en langue française : Partout le même ciel de Hajar Bali, Aménorrhée de Sarah Haidar et Ce que la mort m’a pris de toi de Hosni Kitouni.
Au-delà de la diversité des langues, le jury relève plusieurs préoccupations communes aux œuvres retenues. La mémoire, l’histoire et les mutations sociales que traverse l’Algérie occupent une place importante dans cette sélection, avec une présence particulière du roman historique.
Cette convergence thématique donne à la short liste une dimension qui dépasse la seule compétition littéraire. Les neuf œuvres retenues proposent différentes manières de raconter un pays marqué par une histoire complexe et par des transformations sociales, tout en faisant entendre plusieurs traditions linguistiques de sa création littéraire.
155 romans examinés
La sélection finale intervient au terme d’un processus de lecture et d’évaluation portant sur 155 romans soumis au jury dans les trois langues du Prix.
Hakim Miloud a souligné que les œuvres retenues répondent aux critères littéraires et artistiques établis pour cette distinction. La sélection résulte ainsi d’un travail collectif mené par les membres du jury autour de la qualité des textes, de leur construction et de leur portée littéraire.
Le jury réunit des profils issus de plusieurs domaines de la création et de la recherche. Aux côtés de son président siègent notamment le sociologue Mustapha Madi, le spécialiste de littérature populaire Hamid Bouhabib, l’écrivaine Maïssa Bey, le président de l’Académie algérienne de la langue arabe Cherif Meribai, l’écrivaine Meriem Guemache, la romancière Leïla Hammoutène, le poète Ahcene Mariche, le chercheur en langue amazighe Kouceila Alik ainsi que le poète et traducteur Idir Bellali.
Cette composition associe ainsi écrivains, universitaires, chercheurs et spécialistes des langues et des patrimoines littéraires algériens.
Un prix dans l’esprit d’Assia Djebar
Créé en 2015 par l’Entreprise Nationale de Communication, d’Édition et de Publicité (ANEP), le Grand Prix Assia-Djebar du roman porte le nom de l’une des grandes figures de la littérature algérienne contemporaine.
Née en 1936 et décédée en 2015, Assia Djebar fut à la fois écrivaine, universitaire et intellectuelle. Son œuvre, largement traduite et étudiée à travers le monde, a notamment exploré la mémoire, l’histoire, les rapports entre langues et les expériences individuelles et collectives de l’Algérie.
Le Prix qui porte son nom entend prolonger cette attention à la création romanesque dans les différentes langues littéraires du pays. Sa particularité réside notamment dans la reconnaissance simultanée de romans écrits en arabe, en tamazight et en français.
Cette dimension linguistique occupe une place centrale dans l’identité du concours. Elle reflète la pluralité de l’espace littéraire algérien et permet de faire dialoguer différentes expressions de la création romanesque contemporaine.
Rendez-vous le 8 octobre à Alger
La prochaine étape aura lieu le 8 octobre prochain. Les lauréats de cette huitième édition seront distingués lors d’une cérémonie officielle organisée à Alger. Après 155 romans examinés, neuf finalistes restent désormais en compétition. Trois langues, plusieurs générations d’écrivains et des univers romanesques différents se retrouvent ainsi réunis autour d’un même prix.
Le rendez-vous du 8 octobre permettra de connaître les œuvres qui succéderont aux précédentes distinctions et de mesurer, à travers les choix du jury, les écritures qui auront le plus marqué cette huitième édition.
Au-delà des futurs lauréats, cette sélection rappelle surtout la vitalité d’une littérature algérienne capable de faire coexister plusieurs langues et plusieurs mémoires, tout en interrogeant les transformations du présent.





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