Casablanca : le Salon national du livre d’occasion joue les prolongations face à l’affluence 

La 14ᵉ édition du Salon national du livre d’occasion de Casablanca confirme, une nouvelle fois, l’attrait du public marocain pour le livre à petit prix. Initialement prévu jusqu’au 10 août 2026, le rendez-vous organisé à l’espace Arjwane, dans le quartier de Derb Sultan, est annoncé prolongé jusqu’au 17 août afin de répondre à la forte affluence.

Sous le thème « La culture qui nous rassemble », cette nouvelle édition transforme pendant plusieurs semaines l’espace Arjwane en un vaste lieu de circulation du livre, de rencontres et de découvertes. Organisé par le Club de la Plume du Maroc, avec la coordination de l’arrondissement Al Fida et un accompagnement scientifique du Laboratoire des récits et des discours culturels, le Salon entend placer le livre d’occasion au cœur de la vie culturelle casablancaise. 

Le livre d’occasion au cœur de l’espace public

Le principe du Salon est simple, mais son impact est loin d’être anodin : permettre au plus grand nombre d’accéder à des livres à des prix abordables tout en donnant une nouvelle vie aux ouvrages déjà lus. 

Cette 14ᵉ édition propose ainsi plusieurs milliers de titres dans des domaines très variés : littérature, histoire, philosophie, sciences, culture, littérature jeunesse ou encore ouvrages de réflexion. Les livres sont disponibles dans plusieurs langues, notamment en arabe, en français et en anglais. 

L’intérêt du livre d’occasion tient aussi à sa capacité à faire ressurgir des ouvrages que les circuits classiques de distribution ne proposent plus. Pour les bibliophiles et les collectionneurs, les stands peuvent ainsi devenir de véritables terrains de chasse : éditions anciennes, titres épuisés, ouvrages difficiles à trouver ou publications qui ont traversé plusieurs générations. 

Le Salon ne se limite donc pas à une opération commerciale. Il défend une conception du livre comme objet de transmission, capable de passer d’un lecteur à l’autre sans perdre sa valeur intellectuelle. 

Des prix qui veulent démocratiser la lecture

L’un des principaux arguments de la manifestation demeure son accessibilité financière. Certains ouvrages sont proposés à partir de quelques dirhams, tandis que d’autres restent disponibles à des prix particulièrement bas. Des sources consacrées à l’édition 2026 évoquent notamment des livres accessibles dès 2 dirhams.  

Cette politique tarifaire donne au Salon une dimension populaire particulière. Dans un contexte où le prix du livre peut constituer un frein à l’achat, l’occasion permet à des lecteurs disposant de budgets modestes de continuer à acquérir des ouvrages. 

C’est également ce qui explique en partie la diversité du public. Étudiants, familles, chercheurs, écrivains, universitaires, collectionneurs, enfants et simples curieux se retrouvent autour des stands. 

Le livre d’occasion devient ainsi un moyen concret de faire circuler la connaissance au-delà des contraintes économiques. 

Une grande foire, mais aussi un rendez-vous culturel

Si les bouquinistes occupent naturellement une place centrale, la manifestation ne se résume pas aux transactions. Une programmation culturelle accompagne le Salon : rencontres, conférences, présentations d’ouvrages, lectures, échanges autour de la littérature et activités destinées notamment aux enfants et aux jeunes.  

Le thème « La culture qui nous rassemble » prend alors tout son sens. Le Salon cherche à faire du livre un point de rencontre entre générations et entre différents publics. 

Cette dimension est d’autant plus intéressante que le livre d’occasion est souvent considéré uniquement sous l’angle économique. À Casablanca, il devient aussi un support de mémoire : un ouvrage ancien peut conserver les traces de ses précédents lecteurs, mais surtout témoigner d’une époque, d’une manière de penser ou d’un moment de l’histoire éditoriale.

Mohamed Zafzaf à l’honneur

L’édition 2026 accorde également une place particulière à la mémoire littéraire marocaine avec un hommage à Mohamed Zafzaf, figure importante de la littérature marocaine contemporaine. 

Des rencontres et échanges sont consacrés à son œuvre et à son héritage. Le choix de lui rendre hommage dans le cadre d’un Salon consacré au livre d’occasion apparaît particulièrement symbolique : les ouvrages anciens ne sont pas seulement des livres qui changent de propriétaire, ils constituent aussi des fragments de mémoire littéraire que les nouvelles générations peuvent redécouvrir. 

Une manifestation qui redonne vie aux livres 

Au-delà de l’affluence annoncée, le succès de cette 14ᵉ édition pose une question intéressante : et si le livre d’occasion constituait l’un des moyens les plus simples de maintenir le livre au cœur des pratiques culturelles populaires ? 

À l’heure où les habitudes de lecture évoluent et où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans les loisirs, la fréquentation d’un tel événement rappelle que le livre papier continue de disposer d’un public. 

Le livre d’occasion possède même un avantage particulier : il circule. Un ouvrage acheté quelques dirhams peut être lu, prêté, revendu, offert, collectionné puis transmis à un autre lecteur. Sa valeur ne disparaît donc pas avec son premier propriétaire. 

C’est précisément cette philosophie que défend le Salon : faire du livre un objet vivant plutôt qu’un produit condamné à disparaître des rayonnages une fois sa première vente réalisée. 

Une prolongation qui témoigne de l’intérêt du public

Initialement annoncé du 20 juillet au 10 août 2026, le Salon devait s’achever après trois semaines de programmation. Plusieurs sources publiées autour de son lancement confirment cette période officielle initiale. La prolongation jusqu’au 17 août, annoncée en raison de l’affluence, vient donc donner une semaine supplémentaire à cette grande fête du livre d’occasion. 

Pour les lecteurs casablancais, c’est une occasion supplémentaire de fouiller les stands, de dénicher un ouvrage oublié, de retrouver un auteur ou simplement de repartir avec quelques livres sans avoir à consacrer un budget important à la lecture. 

Et c’est peut-être là l’une des plus belles réussites de ce Salon : faire de l’achat d’un livre non pas un acte réservé à quelques passionnés, mais une expérience culturelle accessible au plus grand nombre. 

Dans une ville où se croisent quotidiennement des publics aux profils et aux moyens très différents, le livre d’occasion devient ainsi un formidable instrument de démocratisation culturelle. À Casablanca, pendant quelques semaines, les livres changent de mains, mais surtout, ils continuent de vivre. 

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