Au Bénin, comment le projet Colibri Littéraire structure la chaîne du livre

Inconnue sinon très sous-estimée dans le débat et les initiatives en Afrique, la valorisation de toute la chaîne du livre sur l’ensemble du continent dépend de la maîtrise que peuvent en avoir décideurs et acteurs.

C’est ce qu’a compris l’Association Écrivains humanistes, initiatrice du projet « Colibri littéraire » qui forme, sans discrimination, tous les acteurs sur les connaissances indispensables à la mise en valeur de la « filière ».

60 acteurs formés. Deux sessions de formation écoulées. Des réseaux créés et un site web https://www.colibri-litteraire.com/ officialisé.

Avec le concours de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), principal partenaire du projet à travers le dispositif FORCE (Formation et Renforcement de Compétences en Édition. Ndlr), Écrivains humanistes voit grand pour le devenir du livre africain.

En effet, le projet Colibri littéraire « ambitionne de former des professionnels du livre issus du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest francophone », avait précisé Dr Catira Dodo, responsable à la formation à l’ouverture de la première session de formation ouverte en novembre 2025.

Pour elle, ces formations intensives sur des thématiques diverses, « sont nécessaires à l’élargissement du marché africain du livre ».

D’ailleurs, « Nous avons l’impression que le métier évolue sans nous », s’étonne Epiphane Dossa, participant à la formation, alors que Dr Koubouratou Idjaton entretenait l’auditoire sur les possibles apports de l’Intelligence artificielle (IA) à l’activité de tous les acteurs à divers niveaux.

« Je ne connaissais rien à l’IA, et grâce aux modules de formation, j’ai compris son influence sur nos métiers. C’est pareil pour le droit d’auteur. Nous avons encore beaucoup à apprendre », témoigne un autre intervenant dans la foulée.

Des thématiques structurantes

« Après avoir revisité les métiers de la chaîne du livre lors de la première session, il était essentiel d’aborder les enjeux structurants actuels ».

Ces propos tenus à la clôture de la deuxième session de formation (janvier 2026 ndlr) par la chargée de formation, résument l’esprit de l’initiative et jettent toute la lumière sur le choix des sujets ainsi que sur le plan de leur déroulement lors des sessions.

Au cours de la première session, les compétences des participants sont renforcées sur : les enjeux de l’exercice des métiers du livre, les marchés de niche que constituent les livres audios et numériques, les stratégies de communication digitale adaptées au marché du livre, la découverte des wikidata entre autres.

La seconde session, en ce qui la concerne, s’est intéressée aux enjeux liés au droit d’auteur, à l’application de l’Intelligence artificielle (IA) aux différents métiers du livre, ainsi qu’aux stratégies commerciales et partenariats gagnant–gagnant.

Tout ceci, sous la supervision pédagogique des professionnels chevronnés dont notamment Prudentienne Gbaguidi, présidente de l’Association des libraires professionnels du Bénin (ALPB), Constant Azogbonon, formateur Wikipédia, Adèle Kiéma, directrice de Excellia WG au Niger (Diffuseur), entre autres.

L’objectif est de permettre aux acteurs de se montrer davantage professionnels dans leur fonctionnement quotidien.

Le meilleur en perspective

« Les modules sur l’intelligence artificielle et le droit d’auteur ont été particulièrement révélateurs. Il nous reste encore beaucoup à apprendre », avait fait observer Epiphane Dossa, le participant cité plus haut.

Même son de cloche de la part du participant Aurèle Atanhlouèto pour qui, « c’est une bonne série de formation. Je pense tout de même qu’il serait intéressant de revoir bientôt le Directeur du Bubedra ».

En fait, le Directeur du Bureau béninois du droit d’auteur (Bubedra), Dr Eugène Aballo, est le communicateur sur les enjeux et défis du droit d’auteur à l’ère du numérique.

Ce thème très actuel est l’un des favoris des participants pour la principale raison que les contours du droit d’auteur n’étaient pas très bien cernés par les différentes parties prenantes. L’essor du numérique en a davantage rajouté aux limites déjà conséquentes.

L’animation du sujet par la première autorité de la structure chargée de réguler, de gérer et parfois d’arbitrer a enrichi les échanges par des illustrations tirées des expériences très actuelles.

C’est donc en toute conscience et responsabilité que le Directeur promet d’ores et déjà d’y revenir au regard de l’importance du sujet et des intérêts suscités : « Nous avons déjà échangé avec les responsables de l’ONG et nous étudierons les modalités pour aller plus loin », a-t-il rassuré.

De toutes les façons, « le projet ne se limite pas à la formation », annonce Camille Segnigbindé, président de l’ONG Écrivains humanistes, porteuse du projet.

En effet, « Colibri littéraire » est aussi le nom d’une plateforme numérique dédiée à la formation continue et à la diffusion du livre africain.

Les acteurs peuvent ainsi poursuivre les renforcements de capacité en toute indépendance pour continuer à rapprocher le livre du lecteur et dynamiser le marché du livre africain.


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