De Awa Thiam à Bénédicta Aloakinnou en passant par Mélina Seymour, Ayọ̀bámi Adébáyọ̀, Leila Aboulela et Laura Nsafou entre autres, elles sont un certains nombre à se saisir de l’écriture pour faire le combat de la mère et de la fille, celle qui porte la vie et celle qui est au coeur des enjeux de la survie de notre espèce, mais dont les droits n’ont pas souvent su équilibrer les destins à travers les époques. Hommage à ces femmes avangardistes qui tiennent le flambeau du livre pour guider dans le sillage du respect des droits et des engagements vis-à-vis d’elles.
1- Awa Thiam : La pionnière
Avec La parole aux négresses, Awa Thiam a posé les bases du combat féministe sénégalais voire africain. En ce lendemain des indépendances (1978 ndlr.) où les désillusions et désenchantements se succèdent, il y avait très peu de temps pour s’intéresser au sort des femmes dans les politiques et débats. Dans un article que Ndèye Fatou Kane lui consacre, celle-ci avoue qu’Awa Thiame montre la voie aux femmes qui “veulent cesser de jouer les seconds rôles en mettant les mots sur ce qu’elles endurent”.
2- Mélina Seymour : L’Africaine des caraïbes qui fait bouger le monde
En février 2026, elle met deux livres sur le marché ; en même temps : Ce que l’immigration fait au Québec et Panafricanisme culturel : l’action des femmes afro-descendantes – Stratégie pour un retour au vivant. “Seymour ou de l’audace”, pourrait être le résumé en une seule phrase d’un texte à lui dédier. Toutes les bonnes expressions du dictionnaire paraissent impuissantes pour la décrire dans toute l’étendue de ses qualités et potentialités. Pour faire court, commencez par lire ici.
Travail. Discipline. Rigueur. Organisation. Innovation. Constance. Et que sait-on encore ? Le personnage est une richesse en mouvement. Certainement pourvue du don de l’ubiquité, il est possible de la situer le matin en Afrique de l’Ouest, le midi en Europe et la surprendre à Québec au dîner.
3- Aoua Kéita : celle qui a très vite compris la portée de l’engagement politique
Aoua Kéita a écrit un seul livre. Femme d’Afrique : la vie d’Aoua Kéita racontée par elle-même. Une écriture au style de la vie de l’autrice. Seule femme élue au bureau politique de l’Union soudanaise du Rassemblement démocratique africain (US-RDA) et au bureau des syndicats des travailleurs du Soudan, Aoua Kéita n’a pas attendu qu’on lui fasse sa place.
Elle est Sage-femme, très vite propulsée au coeur des réalités des campagnes de Gao et environs. En 1959, la malienne est élue députée aux élections législatives. Comme on s’en aperçoit, son féminisme était agissant. Si elle devait attendre que l’on lui écrive son histoire, peut-être qu’on ne l’aurait jamais connue. Son unique œuvre autobiographique a remporté le grand prix littéraire de l’Afrique noire.
4- Léonora Miano, celle qu’on ne présente plus
Elle fait partie des auteures qu’on n’a plus besoin de présenter. Tant les œuvres parlent pour elle. Camerounaise désormais installée au Togo, en Afrique de l’Ouest, elle est l’auteure de plusieurs productions littéraires bien connues dont entre autres : L’Intérieur de la nuit, Contours du jour qui vient, La saison de l’ombre…
Écrivaine “Afropéenne” comme on l’a surnomme, son militantisme n’a pas qu’un versant féministe, c’était plutôt une subsaharienne dont le but de dénoncer les tards de sociétés et patritiques qui ne sont pas de nature à favoriser la création d’envionnement plus inclusifs.
5- Ayobami Adébayo
Romancière, auteure de Stay with me, la fille de Lagos fait partie des figures montantes du féminisme en action. La critique qui a favorablement acueilli son premier livre en dit ce qui suit : « Une réflexion tragi-comique sur le choc des générations, les traditions bousculées, ainsi que des rôles dévolus à chaque sexe dans le Nigeria contemporain ».
On parle également de livre “puissant, magnétique et déchirant”. Également poète engagée, elle n’a pas encore fini de révéler tout son potentiel.
6- Leila Aboulela
Bien qu’elle soit prolixe avec des nominations et récompenses à la clé, Leila Aboulela semble ne pas être très connue sur le continent. Pour s’informer sur son parcours d’auteure, il est intéressant de suivre ce lien. Soudanaise née en Egypte, rien ne lui donne un destin d’écrivaine au regard de son parcours académique.
Son centre d’intérêt est la condition féminine, la vie intérieure des femmes musulmanes, la spiritualité, la migration etc. Dans nos recherches, nous lui avons dénombré environ six (06) romans avec des œuvres traduites dans une quinzaine de langues à travers le monde.
Régulièrement citée par The New York times, elle demeure une ambassadrice valide que le public francophone doit (re)découvrir et plébisciter.
7- Laura Nsafou
Blogueuse avant de devenir écrivaine, la franco-congolaise continue de séduire par son intelligence, le choix de ses sujets et sa capacité de réaction à certains sujets tabous. Lors de la parution de son roman À mains nues en 2017, une partie de la critique a voulu la prendre pour cible, l’ayant trouvée trop à l’aise dans la description crue et explicite du plaisir féminin”. Elle n’a pas caché sa surprise à cette réaction tout comme elle n’a pas eu besoin de se faire prier pour trouver les expressions justes pour répondre à ses interlocuteurs.
Romancière féconde, elle s’illustre également dans la bande dessinée ; Quand vient l’été, illustrée par Reine Dibussi. Quelques-uns de ses principaux titres : Comme un million de papillons noirs, Le chemin de Jada, Nos jours brûlés et Écrire avant l’aube : Toni Morrison etc.
8 – Ghislaine Nelly Sathoud
Elle vient de publier (en février) Changeons le monde des femmes un essai féministe paru chez les Impliquées. Présente sur la scène littéraire depuis plus de deux décennies, elle fait partie des plus constantes et téméraires que rien n’arrête. Parmi ses sujets de prédilection, on retrouve les inégalités entre les sexes, Les combats des femmes, la démocratie…
Même si on n’a pas beaucoup parlé d’elle comme certaines de ses compatriotes, c’est l’une des écrivaines qui proposent de la matière à intérêt. Le public des lecteurs est invité à s’intéresser davantage à son profil.
En ce mois de mars consacré aux droits des femmes, célébrer ces plumes engagées revient à reconnaître le rôle essentiel de la littérature dans les combats pour l’égalité. Hier comme aujourd’hui, leurs livres rappellent que la parole écrite peut être un puissant levier de conscience, de résistance et d’espoir.





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