Du 5 au 9 août 2026, la littérature, la relecture et la traduction ont occupé une place centrale dans les échanges de la troisième édition de la Readers and Translators Week Online (RTWO). Organisée entièrement en ligne par l’Association de Consulting Littéraire (ACOLITT), cette rencontre internationale avait pour thème « Lire le monde, traduire les cultures ». Durant cinq jours, professionnels et passionnés du livre issus de plusieurs pays ont échangé autour de la circulation des œuvres, de la diversité linguistique et des défis liés à la transmission des cultures.
Une semaine internationale consacrée aux métiers du texte
Créée par ACOLITT, association littéraire basée à Ngoumou, au Cameroun, la RTWO entend donner davantage de visibilité aux métiers qui interviennent dans la qualité et la circulation des textes. Relecteurs, traducteurs, auteurs, éditeurs, critiques, médiateurs et autres acteurs de la chaîne du livre ont ainsi été réunis autour de problématiques liées à la lecture et à la traduction.
Pour cette troisième édition, le dispositif a rassemblé 36 panélistes, cinq modérateurs et des participants représentant 14 pays, avec huit panels et huit sous-thèmes. Un atelier virtuel gratuit consacré à la relecture et à la traduction complétait le programme.
Le choix du numérique répond à une volonté d’ACOLITT de faciliter la participation d’acteurs internationaux sans les contraintes logistiques et financières liées aux déplacements. Cette formule permet également de créer des espaces de rencontre entre professionnels de différents territoires, notamment dans un contexte africain où les occasions de dialogue entre acteurs du livre restent encore limitées.
« Lire le monde, traduire les cultures »
Le thème de cette troisième édition plaçait la lecture et la traduction au cœur d’une réflexion sur les relations entre les peuples. Lire permet d’accéder à d’autres imaginaires et à d’autres expériences ; traduire permet ensuite de rendre ces univers accessibles à des lecteurs qui ne partagent pas la même langue.
La programmation a ainsi abordé des problématiques allant de l’identité culturelle à l’interculturalité, en passant par la médiation, l’édition et les pratiques professionnelles de traduction.
La première rencontre, consacrée à « La littérature, miroir des identités et passerelle entre les cultures », a ouvert les échanges le 5 août. Les discussions ont notamment porté sur la capacité de la littérature à représenter les identités et à favoriser la rencontre entre différentes communautés culturelles.
Le lendemain, le panel « Lire l’ailleurs, écrire l’universel » a prolongé cette réflexion autour de la circulation des expériences et des imaginaires littéraires. Une autre rencontre a abordé la médiation culturelle comme levier de cohésion sociale et de paix, soulignant la place du livre et des pratiques culturelles dans le dialogue entre les communautés.
De la cartographie des cultures aux défis de l’interculturalité
Le 7 août, les échanges ont porté sur « Le catalogue comme une cartographie des cultures ». Cette réflexion a permis d’interroger le rôle des catalogues éditoriaux dans la représentation de la diversité culturelle et dans la circulation des œuvres.
La journée s’est achevée avec un panel consacré à « La littérature face aux défis de l’interculturalité ». Plusieurs intervenants issus notamment du Cameroun, d’Haïti et de la diaspora ont partagé leurs expériences et leurs réflexions sur les rencontres entre cultures dans la création littéraire.
La traduction a occupé une place encore plus importante lors des rencontres du 8 août. Le panel « Traduire les identités culturelles dans un monde globalisé » a réuni notamment des traducteurs travaillant entre plusieurs langues et espaces culturels. Les discussions ont mis en évidence la complexité de la traduction lorsqu’il s’agit de restituer non seulement des mots, mais aussi des références, des imaginaires et des réalités sociales.
Le second échange de la journée, consacré aux théories de la traduction à l’aune des réalités sociolinguistiques africaines, a permis de déplacer la réflexion vers les spécificités des contextes africains. La traduction y apparaît comme une pratique qui nécessite de prendre en compte les réalités linguistiques et culturelles propres aux territoires concernés.
La relecture, dernière étape d’une réflexion sur la qualité des textes
La dernière journée a été consacrée aux défis interculturels de la relecture. La rencontre a notamment questionné le rôle du relecteur dans des textes traversés par différentes références culturelles et linguistiques.
La RTWO 2026 s’est achevée par un atelier gratuit intitulé « Comment relire pour une traduction de qualité », animé par Ray Ndebi, traducteur, relecteur, auteur et coach en écriture et en lecture.
Cette articulation entre traduction et relecture illustre l’une des préoccupations centrales de l’événement : la circulation internationale d’un texte ne dépend pas uniquement de sa traduction. La qualité linguistique, la cohérence, la fidélité au sens et la capacité à préserver les dimensions culturelles de l’œuvre constituent également des enjeux majeurs.
ACOLITT, un espace de connexion pour les acteurs du livre
Avec la RTWO, ACOLITT poursuit une démarche visant à créer des espaces numériques de rencontre autour des métiers du livre. L’association organise également le Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO) et la Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO), tout en participant à d’autres initiatives littéraires au Cameroun.
Ses activités couvrent également la relecture et la correction, la communication littéraire, l’accompagnement des auteurs, la transcription et la traduction dans plusieurs langues, ainsi que la formation et le coaching.
La troisième édition de la RTWO aura ainsi permis de prolonger cette dynamique autour d’une question devenue centrale pour l’industrie mondiale du livre : comment faire circuler les œuvres entre les langues et les territoires sans effacer les cultures qu’elles portent ?
À travers ses huit panels et son atelier pratique, l’événement a surtout rappelé que traduire ne consiste pas uniquement à passer d’une langue à une autre. Il s’agit également de faire voyager des histoires, des mémoires, des imaginaires et des identités. Dans un espace littéraire africain marqué par une forte diversité linguistique, cette mission représente un enjeu culturel autant qu’éditorial.





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