Jeune plume montante de la littérature congolaise, KABEYA MUKENGESHAYI Léonard-Espérant s’impose progressivement avec une écriture engagée et profondément enracinée dans les réalités africaines. À travers son recueil de poèmes de 117 pages “La vie du noir” publié en mars 2026 aux éditions Lucioles à Cotonou, il propose une poésie à la fois accessible, consciente et tournée vers l’éveil des consciences.
Dans cet entretien accordé à la rédaction de l’ivre du livre, il revient sur les motivations, les messages et les ambitions de son œuvre. Nous vous laissons vous imprégner de l’intégralité de l’interview ci-dessous.
L’ivre du livre : Vous signez un recueil au titre fort, “La vie du noir”. Quelle en est l’origine ?
Léonard-Espérant KABEYA MUKENGESHAYI : Ce titre est né d’une réflexion profonde sur la condition humaine. Dans mon œuvre précédente : “L’Homme est noir ”, il est mentionné et dit que tous les hommes du monde (Blanc ou Noir) sont imparfaits, mais j’ai voulu m’adresser particulièrement à l’homme noir cette fois-ci, pour susciter une prise de conscience et un retour à l’essentiel. Ainsi par son titre.
LDL : Pourquoi avez-vous opté pour la poésie comme forme d’expression ?
LEKM : La poésie est universelle et accessible. Elle permet de transmettre des idées fortes avec intensité et beauté. C’est un moyen efficace pour toucher différentes sensibilités.
LDL : Quel message central souhaitez-vous transmettre, notamment au peuple congolais ?
LEKM : J’invite les Congolais à valoriser leurs traditions, leurs cultures et leurs rites. Le progrès ne doit pas effacer notre identité. J’encourage également la jeunesse à suivre les modèles positifs de notre histoire et je rends hommage à ceux qui défendent la nation, malgré les épreuves.
LDL : Votre œuvre oscille entre douleur et espérance. Comment définissez-vous votre tonalité poétique ?
LEKM : Je parle des réalités difficiles, surtout à l’Est du pays, mais je garde toujours une vision d’espoir. La résilience est au cœur de mon écriture.
LDL : Certains de vos textes semblent porter une inquiétude face à la perte des valeurs culturelles. Comment l’expliquez-vous ?
LEKM : Effectivement. Je suis préoccupé par le fait que certaines pratiques culturelles disparaissent. Même les noms africains sont parfois rejetés à l’instar de noms européens. À travers mes poèmes, je sensibilise et rappele l’importance de notre héritage.
LDL : À qui s’adresse concrète « La vie du Noir » ?
LEKM : À tout le monde. Ce recueil n’a pas de limite d’âge ni de frontière. Il parle à l’humanité entière.
LDL : En quoi votre recueil apporte-t-il quelque chose de nouveau à la poésie africaine ?
LEKM : Je ne dirais pas qu’il est en rupture. Il s’inscrit dans une continuité, mais avec un accent particulier sur les réalités actuelles, le vécu quotidien des Africains.
LDL : Que peut retenir un lecteur de votre ouvrage dès la première vue ?
LEKM : Une meilleure compréhension de son identité, une prise de conscience culturelle, et surtout l’envie de contribuer positivement à la société.
LDL : Un mot pour ceux qui ne lisent pas souvent de poésie ? Et comment trouver l’ouvrage ?
LEKM : Je leur dirais simplement : « Qui ne lit guère, se lie », d’où lire, c’est se libérer. La poésie peut transformer la manière de voir le monde.
Pour plus d’informations sur l’obtention du livre, je suis joignable au +243 979 381 766 et sur esperantkabeya5@gmail.com.
Une voix à suivre
À travers « La vie du Noir », KABEYA MUKENGESHAYI confirme son engagement pour une littérature consciente, enracinée et tournée vers l’avenir. Une œuvre qui s’adresse autant au cœur qu’à l’esprit, et qui mérite une place dans le paysage littéraire africain contemporain.
KABEYA MUKENGESHAYI Léonard-Espérant est un écrivain et talent littéraire originaire du Kasaï-Central, en République Démocratique du Congo, né le 27 décembre 2002. Il s’impose sur la scène littéraire internationale avec des œuvres engagées, notamment son recueil « L’Homme est noir ». Diplômé d’État en Latin-Grec et bachelier en Lettres et Civilisation françaises, il prépare bientôt un Master toujours en LCF.
Il est l’auteur de plusieurs œuvres : « L’Homme est noir », « La vie du noir », « Tusala, kusala nkusala », « Mu kaleya ke muvua disua », et est co-auteur de « Notre Afrique », tomes 1 et 2.
Propos recueillis par Fiston Axel ILUNGA Kabasele





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