FILAB 2025 : Témoignage de Djouid Djar-Alnabi Attié – Écrivain, poète et enseignant-chercheur tchadien

À propos de la 3ᵉ édition du Festival International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin (FILAB 2025)

Présent dès la première édition du Festival International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin (FILAB), l’écrivain et poète tchadien Djouid Djar-Alnabi Attié se considère aujourd’hui comme l’un des témoins privilégiés de l’évolution de ce rendez-vous littéraire majeur. Intronisé Prince Dahomey et lauréat du Prix de la passion littéraire africaine lors de la première édition, il n’a pu assister à la deuxième, mais ses compatriotes y ont dignement représenté le Tchad. Sa présence à cette troisième édition, organisée du 9 au 11 octobre 2025 à l’Université d’Abomey-Calavi, traduit la constance de son engagement pour la promotion du livre et de la culture africaine.

Pour lui, le FILAB, en trois ans, a parcouru un chemin remarquable : « Au départ, c’était un bébé… puis il a grandi petit à petit. Aujourd’hui, il n’est plus un nourrisson : il marche, il parle, il avance ! » confie-t-il avec enthousiasme. Un parcours qu’il compare à celui d’un enfant prodige de la littérature béninoise et africaine, qu’il faut désormais « soutenir, accompagner et guider ».

Le festival, selon lui, joue un rôle essentiel : il contribue à la promotion du livre et des arts au Bénin, tout en participant activement à celle de la littérature africaine dans son ensemble.

Un thème en phase avec l’époque

Abordant le thème de cette édition, « L’industrie culturelle à l’ère du numérique », l’auteur tchadien souligne toute la pertinence d’un sujet global et actuel : « Aujourd’hui, partout dans le monde, on parle du numérique et de l’industrie culturelle. »

À ses yeux, le FILAB incarne aussi la diplomatie culturelle : « On échange, on parle de nos littératures nationales, on apprend les uns des autres. C’est une diplomatie beaucoup plus constructive que la diplomatie politique, souvent fondée sur des intérêts. »

S’il reconnaît les atouts du numérique, il invite à garder une distance critique vis-à-vis de l’intelligence artificielle : « On l’appelle intelligence artificielle, mais moi, je préfère dire intelligence mécanique, parce qu’elle est conçue et contrôlée par l’homme. C’est une création utile, certes, mais limitée et sujette à des erreurs, à ce que j’appelle parfois l’inintelligence. »

Pour lui, le thème était profond, réfléchi et en parfaite adéquation avec notre époque.

Des moments marquants et une belle fraternité africaine

Tout au long du festival, Djouid Djar-Alnabi Attié a été séduit par la richesse des échanges : « Je ne peux pas dire qu’il y a eu un moment précis que j’ai préféré : tout était beau, tout était bon. »

Il évoque notamment la conférence inaugurale, qu’il a eu le privilège de présenter, ainsi qu’une table ronde sur la tendance évolutive et innovatrice du livre : « Toutes les activités, toutes les discussions ont été riches. »

Reconnaissant envers les organisateurs et les participants, il salue « ceux qui ont voyagé de très loin — certains ont passé des nuits entières dans les avions pour venir. » Et de conclure avec ferveur : « Vive le FILAB ! Les choses ne cessent d’aller de mieux en mieux. »

Pour un FILAB plus resserré et plus inclusif

Fort de son expérience, l’écrivain tchadien formule quelques suggestions constructives : « Le FILAB a maintenant trois ans : c’est un enfant qui grandit, qu’il faut entretenir. Mais attention à ne pas l’encombrer. »

Selon lui, il conviendrait de réduire le nombre d’activités et de conférenciers : « Une ou deux conférences par jour, c’est largement suffisant. »

Il déplore les tables rondes parfois trop chargées, au détriment du temps de parole de chacun : « Certains se préparent longuement et méritent un vrai temps d’expression. »

Il recommande aussi une plus grande inclusion, invitant à impliquer davantage éditeurs, écrivains, chercheurs, étudiants et enseignants. Le FILAB, rappelle-t-il, doit rester « la littérature et la culture au service de tous. »

Et d’ajouter : « J’ai remarqué que nous étions à l’université, mais que les étudiants étaient peu nombreux. Il faut qu’ils prennent conscience de l’importance de ce festival et qu’ils s’y engagent davantage. »

Un symbole de fraternité et de coopération culturelle

Le FILAB 2025 aura été, pour lui, un moment de partage, de découverte et de fraternité africaine. Il raconte avoir exploré plusieurs stands, acquis de nombreux ouvrages et tissé des liens humains précieux.

« Le FILAB m’a permis de rencontrer des personnes venues d’horizons divers — France, Sénégal, et bien d’autres — avec qui j’échangeais auparavant seulement de manière virtuelle. Grâce à ce festival, nous avons pu nous rencontrer en vrai. »

Au-delà du cadre du festival, il garde un souvenir ému de ses visites à Ganvié, Ouidah et Porto-Novo, qu’il décrit comme « un rêve devenu réalité ». Ces instants, dit-il, sont l’expression même de la fraternité africaine durable qu’il appelle de ses vœux.

Très honoré de recevoir à cette occasion un diplôme d’honneur et la médaille de la coopération culturelle FILAB 2025, il y voit « la continuité d’un engagement entre nos deux pays, le Tchad et le Bénin, dans une coopération culturelle et artistique positive. »

ATTIÉ Djouid Djar-Alnabi
Écrivain – Poète – Enseignant-Chercheur (Tchad)

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