Massada, l’offrande de karité : Orou Logouma Cosme célèbre la mémoire et les femmes Boo à Parakou à travers une oeuvre poétique 

C’est dans une atmosphère culturelle et festive que s’est tenue, ce samedi 06 juin 2026 à 15 heures, dans les locaux de la Bibliothèque CAEB Parakou-Zongo, la cérémonie officielle de lancement de l’ouvrage poétique Massada, l’offrande de karité, écrit par OROU Logouma Cosme et édité chez Les Éditions Tambours sacrés. La cérémonie a réuni les membres du bureau de la Commission nationale de la langue Boo, ceux de l’Association des Femmes Boo, ainsi que des parents, amis et amoureux de la culture.

La cérémonie a été conduite par le Maître de Cérémonie, Yaovi Angélo Gbessinou Houndjo, qui, après les salutations d’usage, a introduit les différentes séquences du programme. La parole a été donnée en premier lieu à Stan ADANLAWO, représentant du responsable de la bibliothèque CAEB Parakou-Zongo, qui a tenu à souligner que l’ouvrage constitue une véritable célébration de la victoire de la culture. Le bureau de la Commission nationale de la langue Boo a, quant à lui, pris la parole pour relever la capacité de l’œuvre à révéler la réalité des traditions du peuple Boo. La représentante de la présidente des Femmes Boo du Bénin a également adressé un discours à l’assistance, traduisant l’adhésion et la fierté des femmes Boo face à cette initiative littéraire.

La préfacière de l’ouvrage a ensuite livré une allocution particulièrement remarquée, dans laquelle elle a présenté Massada, l’offrande de karité comme un devoir de mémoire. Elle a insisté sur la dimension centrale du karité comme arbre de vie et sur le rôle fondamental des femmes dans la transmission des valeurs culturelles : ce sont elles qui transmettent la langue, les chants, les récits et les identités. Préserver cette mémoire et valoriser ces traditions, a-t-elle conclu, c’est reconnaître que les femmes méritent d’être célébrées. Elle a cité, en guise d’illustration, ce proverbe éloquent : « La main qui nourrit le village mérite que son nom soit chanté. » Les femmes, a-t-elle affirmé, sont désormais les gardiennes d’une mémoire enfin mise à l’écrit.

La cérémonie s’est poursuivie avec une prestation scénique du slameur Rabinik, suivie de la déclamation d’un extrait de l’ouvrage, moment qui a permis à l’assistance de plonger directement dans l’univers poétique de l’auteur. La postfacière Éléonore Yehouessi a ensuite pris la parole pour livrer une analyse approfondie de l’œuvre. Elle a décrit Massada, l’offrande de karité comme une œuvre de mémoire, d’identité et de transmission, soulignant la capacité de l’auteur à transformer un élément du quotidien (le karité) en un véritable symbole littéraire. Elle a mis en avant les traditions orales, les tambours et les figures de sagesse qui traversent l’ouvrage, relevant que celui-ci célèbre le passé tout en interpellant le présent. Elle a posé avec force cette question : « Que reste-t-il de nos cultures si nous cessons de les raconter ? » avant de conclure que cette œuvre constitue un acte de résistance à la fois intellectuel et patrimonial. Des félicitations ont été adressées à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage. La jeune Calvine, collégienne au collège privé « Succès de l’Avenir », a également offert une déclamation poétique très applaudie. 

L’auteur, OROU Logouma Cosme a pris la parole pour expliquer la genèse et les ambitions de son œuvre. Il a rendu un hommage vibrant à la femme Boo, Bossa et Tchienga, à celle qui porte le poids du foyer sans jamais rien réclamer, qui transforme le sacrifice quotidien en acte d’amour, qui se sert du karité pour nourrir sa famille, soigner les blessures, éclairer les nuits. À travers ce recueil, il célèbre la femme comme incarnation du courage, de l’effort et de la vie elle-même. L’ouvrage se veut aussi une célébration de la culture Boo dans toute sa richesse : les récits des brousses sacrées, les histoires transmises de génération en génération. L’auteur a exprimé le souhait que son œuvre suscite des réflexions profondes et invite chacun à raconter ses propres mémoires, à faire entendre sa voix et à transmettre l’héritage des ancêtres.

La parole a ensuite été donnée à un aîné de lettres, Sabi Baraka Bio, qui a chaleureusement félicité l’auteur, rappelant avec sagesse que le livre est la nourriture de l’esprit. Des témoignages sur l’œuvre et sur l’auteur ont également ponctué cette fin de cérémonie, avant que la soirée ne se clôture en beauté par une vente à l’américaine, offrant à chacun l’opportunité d’acquérir l’ouvrage. 

Magarette I. ALANTANNOU AVOCE 

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